The Lebanese Center for Human Rights (CLDH) is a local non-profit, non-partisan Lebanese human rights organization in Beirut that was established by the Franco-Lebanese Movement SOLIDA (Support for Lebanese Detained Arbitrarily) in 2006. SOLIDA has been active since 1996 in the struggle against arbitrary detention, enforced disappearance and the impunity of those perpetrating gross human violations.

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December 24, 2016

L'orient le jour- Un monde sans torture est-il concevable ?, December 24 , 2016

Le Liban était présent, à travers l'association « Restart », à un symposium international sur la torture qui vient de se tenir au Mexique.
Fady NOUN | OLJ
24/12/2016

La pratique de la torture s'étend et se banalise. Au nom de la sécurité, toutes les violences sont permises, et même justifiées. Certes, l'exercice de la violence est constitutif de tout régime politique. Mais quelles sont les limites de la violence qu'un État, ou tout autre groupe organisé, est en droit d'exercer ? Un monde sans la torture est-il concevable ? C'est là toute la problématique des droits de l'homme face à un système d'autorité, et d'abord celui de l'État.
Loin d'être théorique, ce sujet touche à la vie quotidienne de dizaines de milliers d'hommes et de femmes dans le monde, y compris au Liban, comme a pu le constater récemment, et le documenter – phase essentielle de la lutte contre la torture – l'organisation Human Rights Watch (HWR) (lire L'Orient-Le Jour du 22 décembre). Face au tout-sécuritaire, il est des associations qui luttent contre la torture et veulent, au nom de la démocratie, de l'égalité et de la solidarité, en obtenir la pénalisation.
Près de 400 travailleurs de 74 pays, venus de 152 centres de réhabilitation affiliés à l'International Rehabilitation Council for Torture Victims (IRCT), se sont retrouvés récemment en symposium, à Mexico (4-9 décembre), pour un moment de mise en commun et de fédération des efforts, le premier qu'ils prennent depuis dix ans. Le Liban y était présent à travers l'ONG Restart, fédérée à l'IRCT. La délégation comprenait Suzanne Jabbour, directrice exécutive de Restart et présidente sortante de l'IRCT, le Dr Sana Hamzé, élue vice-présidente, Carmen Hamadé, Éliane Azar-Arida et Philippe Noun.

(Lire aussi : Réfugié syrien torturé : Aoun veut la vérité et l’armée livre sa version des faits)

Les trois piliers de la lutte
Avec ses 152 centres dans le monde, l'organisation IRCT est la plus large instance internationale de société civile engagée dans la lutte contre la torture. Le champ d'action de ce réseau s'étend aux trois piliers essentiels de cette lutte : la prévention, la réhabilitation et la reddition des comptes des États qui la pratiquent.
Ces trois niveaux sont également le domaine d'action de Restart, qui fonctionne avec des fonds internationaux, notamment de l'Union européenne. Sa présence au Liban n'est d'ailleurs pas sans objet, puisque selon les chiffres les plus récents (voir L'OLJ du 16 décembre 2016), environ 60 % des personnes arrêtées sont soumises à la torture, ou sinon à des formes graves de mauvais traitements, en particulier au stade des enquêtes préliminaires.
Les participants au symposium étaient à 70 % des praticiens de profession. Une centaine de thèmes y ont été abordés, au nombre desquels figure la torture à large échelle pratiquée en Syrie depuis le soulèvement de 2011, celle qui se pratique dans les camps de transit vers l'Europe, celle dont souffrent les migrants d'Amérique centrale et celle que subissent les survivants du centre de détention de Guantanamo (Cuba), géré par la CIA.

(Lire aussi : Rapport accablant du CLDH sur la torture dans les centres de détention)

Le bon moment
Ce symposium ne pouvait se tenir à un meilleur moment pour la cause qu'il défend, assurent ses organisateurs. En effet, la torture continue d'être largement pratiquée à travers le monde. C'est ainsi qu'Amnesty International a documenté des cas de torture dans plus de 140 pays, alors que le pourcentage de personnes torturées ayant accès à des centres de réhabilitation reste relativement réduit.
Ce symposium était le premier à examiner en détail, et de façon interdisciplinaire, les voies à suivre pour assurer aux victimes le droit à une réhabilitation honorable telle que prévue par la « Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants » de l'ONU.
L'État en effet, qui est souvent mis en cause dans la pratique de la torture, a le devoir d'assurer les traitements de réhabilitation aux victimes. Reconstruire des vies brisées exige temps, traitements de longue durée d'ordre médical, psychologique et social, insiste le secrétaire général de l'IRCT, Victor Madrigal-Borloz.

(Pour mémoire : Lassen salue les efforts fournis par le Liban dans la lutte contre la torture)

La torture en Syrie
Les participants à ce symposium provenaient de divers domaines de spécialisation (médecins et psychologues, chercheurs, avocats, organismes de financement et décideurs). Au nombre des présentations-phares du symposium figurait celle de l'avocate des droits de l'homme Christy Fujio, responsable d'une équipe d'avocats et de médecins ayant travaillé en Syrie au cours des trois dernières années. L'équipe a rassemblé des documents accablants, couvrant les six années de guerre civile qui ont ravagé la Syrie depuis 2011. Un solide dossier a été constitué par cette activiste, qui sera rendu public à la fin du conflit, et sur base duquel des poursuites pourraient être engagées.
Mme Fujio assure en particulier que le plus grand défi que doivent relever les acteurs engagés dans la documentation des cas de torture est d'assurer l'équilibre psychologique non seulement des victimes, mais aussi des équipes elles-mêmes.
Une autre présentation centrale du symposium a porté sur le cas d'un « survivant » du centre de détention de Guantanamo (Cuba) de la CIA. Le cas de Mustafa el-Hawsawi, détenu depuis 2006, emblématique des traitements inhumains réservés aux terroristes qui y sont incarcérés, a été exposé par deux membres de son comité de défense, le Dr Mitch Robinson, du département américain de la Défense, et le Pr Jess Ghannam, de l'Université de Berkeley.
Enfin, le symposium devait écouter un rapport sur le cas des 43 étudiants disparus d'Ayotzinapa, au Mexique, des jeunes gens présumés liquidés par le cartel de la drogue.
Dans l'ensemble, le symposium a été conçu pour réagir à la tendance des centres de réhabilitation à travailler en vase clos, afin de développer une approche qui soit exhaustive et faire avancer un dossier sensible, face à une résurgence de la torture que beaucoup justifient à nouveau, au nom de la sécurité. Le symposium devait élire le Dr Sana Hamzé, psychothérapeute et directrice de la section traitement et réhabilitation de Restart (Liban) comme nouvelle vice-présidente de l'IRCT.

Source & Link : L'orient le jour

December 23, 2016

L'orient le jour- Le témoignage accablant d’un réfugié syrien homosexuel torturé, December 23 , 2016

Pointées du doigt, des sources de sécurité interrogées par « L'Orient-Le Jour » balayent ces accusations révélées par HRW, « faute de preuves et de plainte portée selon le règlement judiciaire ».
Julien ABI RAMIA | OLJ
23/12/2016

L'organisation Human Rights Watch (HRW) a recueilli le témoignage, publié mercredi sur son site internet, d'un réfugié syrien de 31 ans qui aurait été arrêté, emprisonné et torturé pendant cinq jours en février dernier par différents services de sécurité. Recueilli en mars dernier, le témoignage de Chadi, un prénom d'emprunt, n'a été publié qu'une fois ce dernier installé en Europe, explique HRW. Interrogées par L'Orient-Le Jour, des sources de sécurité réfutent toutefois totalement la teneur de ce témoignage.
En janvier dernier, des agents des services de renseignements de l'armée auraient pénétré dans l'appartement que Chadi partage avec d'autres réfugiés syriens à Jounieh, au nord de Beyrouth. Interrogés, les locataires du lieu sont frappés au visage et tapés avec des bâtons, rapporte HRW, citant Chadi. Sur les murs de cet appartement est accrochée une photo de Chadi avec une transgenre. Il est interrogé sur son orientation sexuelle. Des officiers des SR de l'armée reviennent en février et arrêtent Chadi à nouveau. « Chaque fois que je demandais pourquoi j'étais arrêté, ils ne répondaient pas et me frappaient », affirme-t-il.
Dans les locaux des SR à Sarba, des officiers lui bandent les yeux, le déshabillent et le torturent pendant son interrogatoire de deux heures. Il est à nouveau frappé au visage puis à l'aide d'un bâton, raconte-t-il. Le lendemain, les yeux du jeune homme sont à nouveau bandés et les officiers le forcent à signer un document qu'il n'a pas réussi à lire. Lorsqu'il a demandé ce qu'il paraphait, il a été frappé.
Chadi est ensuite transféré dans les locaux du ministère de la Défense à Yarzé, toujours selon HRW. Emmené au sous-sol, il est interrogé pendant plus de quatre heures sur sa sexualité. Chadi explique avoir reçu des coups de coude dans l'estomac, le cou et le nez dans le but de lui soutirer des aveux selon lesquels il avait des rapports sexuels avec ses colocataires.
« Vous, les homos, vous venez et vous salissez notre pays. Ni notre société ni Dieu n'acceptent cela », a déclaré un officier, selon le témoignage de Chadi.
Une barre dans l'anus
Le jeune homme est ensuite transféré à la prison de la police militaire de Rihaniyé. Selon lui, les officiers l'ont alors transporté dans une pièce et lui ont demandé de se déshabiller. Les mains liées, les officiers lui demandent de se pencher en avant, face contre mur. « Nous allons insérer cet objet dans ton anus pour déterminer combien de fois tu as eu des rapports », lui dit un officier, toujours selon les propos du Syrien. L'officier insère alors une barre. Chadi crie de douleur et supplie l'officier d'arrêter.
Toutes ses demandes d'entrer en contact avec un ami ou un avocat lui étaient refusées, affirme-t-il, précisant qu'il dormait dans une cellule, attaché au mur. Le lendemain matin, des officiers de la police militaire l'emmènent dans une salle d'interrogatoire située dans les sous-sols. Tout le long du transfert, les officiers lui donnent des claques et l'insultent.
Chadi sera transféré cette fois dans les locaux de la police à Jounieh. Là-bas, il sera à nouveau frappé et battu. « On ne sait pas comment nous débarrasser de vous... et en plus, vous nous amenez des homosexuels », lance un agent lors d'un énième interrogatoire, selon ses dires. Plusieurs heures plus tard, Chadi est transféré au commissariat de Hobeiche, à Beyrouth, où il est bien traité puis relâché.
HRW indique avoir envoyé des lettres début novembre à la direction de l'ensemble des services de sécurité libanais auxquels Chadi a eu affaire. Le 13 décembre, le ministère de l'Intérieur a répondu qu'il ne peut pas lancer d'enquête sans qu'une plainte ait été déposée par la personne concernée.
« La torture est ordinaire dans les centres de détention au Liban, mais les personnes vulnérables comme Chadi, un réfugié syrien homosexuel, sont particulièrement à risque », explique Lama Fakih, directrice adjointe pour le Moyen-Orient de HRW. « Les abus contre les détenus ne s'arrêteront pas tant que le Liban ne mettra pas fin à la culture de l'impunité dans ses services de sécurité. »
« Accusations sans preuves »
Interrogée par L'Orient-Le Jour sur ce dossier, une source militaire haut placée qui a requis l'anonymat balaye ces accusations, assurant de manière catégorique que « les soldats de l'armée libanaise ne commettent pas ce genre d'actes ». « La troupe respecte scrupuleusement les règles élémentaires des droits de l'homme, notamment dans ses prisons, indique la source. Ce témoignage ne s'appuie sur rien. Ce sont des accusations sans preuves. Ce n'est pas sérieux », tranche-t-elle.
Cette source va plus loin. « L'armée libanaise, qui combat le terrorisme, est attaquée aussi bien sur le terrain que dans les médias. Cette histoire et ce genre de pratiques discréditent l'armée. Qui nous dit que ce Chadi, qui cache sa véritable identité et qui se trouve maintenant en Europe, n'a pas inventé cette histoire ? » s'interroge la source militaire.
« Pour que nous puissions enquêter sur cette affaire, il faut que la personne qui formule ces accusations dépose une plainte en bonne et due forme et s'appuie sur des preuves concrètes », explique une autre source de sécurité également interrogée par L'Orient-Le Jour. « Ce témoignage anonyme et rendu public plusieurs mois après les faits supposés ne fournit pas assez d'informations et de preuves tangibles pour ouvrir une enquête », ajoute cette source.
« Les services de sécurité condamnent évidemment avec la plus grande fermeté ce genre de comportements abusifs dans leurs rangs. Lorsque des actes de ce type sont documentés et prouvés, les individus incriminés sont sévèrement punis », poursuit cette source, arguant du fait que « les instances de contrôle interne effectuent leur tâche avec sérieux ».

Source & Link : L'orient le jour

The Daily Star- Hannibal Gadhafi 'threatens' Lebanese judge during interrogation, December 23 , 2016

BEIRUT: A Lebanese judge issued an arrest warrant Monday against Hannibal Gadhafi, saying the detained son of Libya's late leader made threats of violence during an interrogation, state media reported.
Judge Zaher Hamadeh said Gadhafi made direct, personal threats against him during an interrogation over the disappearance of a prominent Lebanese cleric, the National News Agency reported.
Lebanese authorities arrested Gadhafi, a son of late Libyan leader Moammar Gadhafi, on Dec. 15, 2015.
Gadhafi was detained as part of an investigation into the 1978 disappearance of Imam Musa Sadr.
Sadr, the founder of Lebanon's Amal movement, went missing along with two of his companions during a visit to Libya in August 1978.
The three were visiting Libya at the invitation of Moammar Gadhafi.
Judge Hamadeh was interrogating Gadhafi Monday in the presence of Sadr's family and friends when the alleged threats were made, the NNA said.
The judge referred the case to the military prosecutor.
Gadhafi's last court session earlier this month was postponed after the defendant refused to appear in without a lawyer.
Gadhafi's former lawyer, Akram Azouri, had quit the case in Nobember, accusing Lebanese authorities of conspiring against the judiciary.

Source & Link :The Daily Star

The Daily Star- Refugees top EU priorities in Lebanon: envoy, December 23 , 2016

SAADNAYEL, Lebanon: The European Union’s biggest priority in Lebanon is to assist with the refugee crisis, head of the EU delegation to the country said during a visit to an informal tented settlement for displaced Syrians Thursday. “We came here to see how assistance is reaching refugees,” EU Ambassador Christina Lassen told The Daily Star during the visit to a settlement near the Bekaa Valley town of Saadnayel. “It is our biggest priority to help Lebanon [with the refugee crisis].”
The ambassador visited the informal settlement to meet beneficiary families and check on the progress of the EU assistance.
“In this holiday season, we should not forget that there are so many refugees living in dire conditions and that Lebanon is struggling to keep up with the challenge,” Lassen added, in a statement released following the visit.
Following February’s London conference – an international meeting to address funding challenges and the humanitarian response to the Syria crisis – 350 million euros ($366.7 million) were allocated to addressing the needs of vulnerable communities and Syrian refugees in Lebanon. The commitment brought the EU’s total support since 2012 to over 1 billion euros [$1.05 billion].
“The EU and its member states have mobilized enormous resources to stand by this country and help it preserve ... its fabric from the complex challenges that the refugee crisis has caused,” Lassen said in the statement. But she added that much of that was not directly visible as “a large portion of the money spent by the EU, more than half, is used to improve the Lebanese infrastructure.”
The EU contributed 476 million euros to boost the capacity of Lebanese institutions managing the crisis and providing basic services.
In addition, the EU provided 284 million euros [to fund projects that benefit the Lebanese population across all sectors.
Lassen also added that it was essential to help the most vulnerable Lebanese families affected by the refugee influx and prevent tensions arising between the refugee and the host communities.
During Thursday’s visit, the ambassador sat with several families to discuss the difficulties they are currently experiencing. One family recounted the hardships encountered when seeking medical assistance for the only man in the family who recently fell ill and developed necrosis in his right foot.
Another family, also in need of medical attention, recounted how they were able to buy medication thanks to a nearby pharmacy that allows them to purchase it on credit.
Lassen praised the Lebanese community for its generosity and said she recognized the hardships endured by the Syrian people. “Refugees are increasingly running out of savings and falling into debt,” the ambassador told The Daily Star. “However, I am satisfied with how [assistance] is going and, even though refugees still don’t live in excellent conditions, things are better than when we started.”
In the statement, Lassen asserted that the European Union would continue efforts to support Lebanon and try to step-up assistance.
According to the Josep Zapater, head of UNHCR in Zahle, the EU’s contribution has been fundamental, especially when it comes to providing refugees with cash assistance.
“[Syrian] men are often unable to work and this makes them frustrated and at time leads to domestic violence,” Zapater explained.
“Receiving cash aid helps refugees economically but also psychologically,” he added.
According to data by the UNHCR, in 2015 almost 1.2 million people in Lebanon lived in extreme poverty with less than $2.40 a day, a 75 percent increase since 2014.
In Saadnayel, Lassen also visited children receiving homework assistance as part of combined efforts by UNHCR and UNICEF – the U.N.’s specialist children’s protection agency – to promote education.
According to Zapater, half of the children in the camp are enrolled in formal schools. The figure is encouraging for a region with a high frequency of school dropouts.
According to a report released by Human Rights Watch in July 2016, more than half of the nearly 500,000 school-age Syrian children in Lebanon are not enrolled in school programs.
In the statement, Lassen reaffirmed her solidarity with Syrian families who “have lost almost everything.”
The ambassador also recognized Lebanon’s efforts and said that “we should not forget that there are so many refugees living in dire conditions and that Lebanon is struggling to keep up with the challenge.”

Source & Link : The Daily Star

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