The Lebanese Center for Human Rights (CLDH) is a local non-profit, non-partisan Lebanese human rights organization in Beirut that was established by the Franco-Lebanese Movement SOLIDA (Support for Lebanese Detained Arbitrarily) in 2006. SOLIDA has been active since 1996 in the struggle against arbitrary detention, enforced disappearance and the impunity of those perpetrating gross human violations.

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November 18, 2016

L'orient le jour- L’Afel ou comment donner une vie meilleure aux enfants nés dans la misère, November 18 , 2016

Fondée au début de la guerre du Liban, l'Association du foyer de l'enfant libanais est aujourd'hui une référence en matière de protection de l'enfance maltraitée.

« Sans l'Afel, j'ignore ce qu'aurait été ma vie. » De nombreuses personnes, devenues adultes aujourd'hui après avoir été prises en charge par l'Association du foyer de l'enfant libanais, prononcent ces mots quand on leur demande de parler de leur quotidien et de leur parcours.
Fondée en 1976 par Gabriel et Simone Wardé, un couple de philanthropes beyrouthins, l'association, qui vient en aide aux enfants en difficulté et à leur famille, fête cette année ses quarante ans.
Isabelle Samaha, âgée de 52 ans, prise en charge par l'Afel dès 1976, se souvient : « Nous étions dans un orphelinat grec-catholique, le couvent Saint-Georges à Bickfaya. Avec le début de la guerre du Liban, les enfants sont devenus plus nombreux et il fallait plus d'argent. Gabriel Wardé et Élie Batal, des hommes d'affaires, ainsi que le fondateur du Mouvement social, Mgr Grégoire Haddad, sont intervenus », raconte-t-elle. Elle avait 12 ans à l'époque et était orpheline de père. « Avec les bombardements, nous avons été évacués de Bickfaya et j'ai grandi à Jouar el-Bouacheq (dans le Kesrouan), dans un internat relevant de l'association. À 16 ans, j'ai commencé des études de secrétariat. M. Wardé m'a engagée dans son entreprise. Il a ensuite lui-même financé mes études de décoration. Aujourd'hui, j'occupe un poste de responsabilité dans les établissements Wardé. Je me suis mariée et j'ai une fille », poursuit-elle.
« L'Afel vous montre un chemin et c'est à vous de le prendre », souligne de son côté Wissam Beidas, un proche descendant de l'ancien président de la Banque Intra, Youssef Beidas. « Mon père venait d'une famille très riche, ma mère était très pauvre. Mes parents ont divorcé et c'est ma mère qui a eu la garde des enfants. Je me suis retrouvé à l'Afel à l'âge de 7 ans. Je vivais avec mes deux sœurs et ma mère dans un bidonville, souvent nous ne mangions pas à notre faim. C'est grâce à l'Afel que tout a changé pour moi et mes sœurs. J'ai grandi dans l'internat de Jouar el-Bouacheq et je n'aimais pas rentrer à la maison en été... Mon père est d'origine palestinienne et ma mère est Beyrouthine. Je n'ai pas de village, mais Jouar est devenu le mien. Aujourd'hui, à 32 ans, j'y vais presque tous les week-ends. La première sortie de mon fils, qui a aujourd'hui un an, c'était à Jouar », raconte-t-il. « Tout a changé pour moi quand j'ai été pris en charge par l'Afel, j'ai vécu enfin comme tous les enfants. Plus tard, quand M. Wardé a su que j'étais doué pour le football, il a engagé un chauffeur pour m'accompagner trois fois par semaines de Jouar à Beyrouth afin que je m'entraîne avec les juniors du club Nejmeh », se souvient-il.
« Si j'ai un travail stable, deux voitures et un compte en banque et si je peux partir en vacances aujourd'hui, une chose très normale pour la plupart des gens mais qui relève du miracle pour moi qui suis issu d'un milieu très difficile, c'est grâce à l'Afel », lance encore Wissam Beidas.
Aujourd'hui Gabriel et Simone Wardé, même s'ils restent membres du comité directeur de l'Afel, ont passé le flambeau à leur fils André.
Assise dans son salon d'Achrafieh, Simone Wardé dit : « On ne peut pas rester indifférents à la misère. Il est impossible de se croiser les bras en voyant les autres dans le besoin. » « En fondant l'Afel pour subvenir aux besoins des enfants de la guerre, nous avons également décidé d'aider leur famille et de les suivre dans la vie, pour faire effectivement la différence », poursuit-elle.
« La misère ne s'est pas arrêtée avec la fin de la guerre du Liban. Aujourd'hui, une horrible crise économique touche le pays. Les personnes nanties entament leur capital et les pauvres deviennent miséreux », déplore-t-elle encore. « L'argent est nécessaire pour que nous puissions continuer d'intervenir dans nos divers centres auprès des 500 enfants que nous prenons en charge et de leur famille. Le volontariat l'est aussi. Sans les personnes qui nous aident au quotidien, et qui interviennent auprès des enfants et des familles, notre travail aurait été impossible ».
Amal Farhat Bassil, directrice de l'Afel, souligne de son côté que l'association est devenue « une référence dans le travail entrepris auprès des enfants en difficulté ». Elle a publié un manuel en coopération avec le ministère des Affaires sociales sur la maltraitance des enfants. « Actuellement, nous travaillons à l'adoption d'une charte nationale relative à la protection des enfants pris en charge par les institutions. Cela a été décidé après divers cas d'abus », explique-t-elle. Elle annonce également que « pour le 40e anniversaire de l'association, une soirée est organisée le mercredi 23 novembre au Music Hall. Elle servira à collecter des fonds ».
Pour les dons : BEMO Bank, code Swift EUMOLBBE Iban : LB21 0093 0000 0003 0032 7366 1 USD.
Le secrétariat général de l'association est joignable aux numéros suivants : 01/481690 et 01/485066.

Source & Link : L'orient le jour

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