The Lebanese Center for Human Rights (CLDH) is a local non-profit, non-partisan Lebanese human rights organization in Beirut that was established by the Franco-Lebanese Movement SOLIDA (Support for Lebanese Detained Arbitrarily) in 2006. SOLIDA has been active since 1996 in the struggle against arbitrary detention, enforced disappearance and the impunity of those perpetrating gross human violations.

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November 21, 2011

L'orient le jour - Le Parlement des enfants sous la présidence de Berry : entre émotion et réalisme, November 21st 2011



Tenant dans ses bras un jeune enfant malade, le Premier ministre Nagib Mikati était entouré hier dans l’hémicycle de Wafa’ Sleiman (à g.) et de Randa Berry. Dalati et Nohra
Tenant dans ses bras un jeune enfant malade, le Premier ministre Nagib Mikati était entouré hier dans l’hémicycle de Wafa’ Sleiman (à g.) et de Randa Berry. Dalati et Nohra

Dans ce qui est en train de devenir un rendez-vous annuel, les responsables de l’État ont organisé hier au Parlement une rencontre-débat avec les enfants du Liban au siège du Parlement, place de l’Étoile. L’occasion de demander aux enfants du Liban de croire en l’avenir.
Nabih Berry a présidé la séance, ayant en face de lui les visages curieux et attentifs de 128 enfants du Liban et du monde arabe, posant des questions parfois élémentaires, souvent émouvantes et toujours pleines de bon sens. Le Premier ministre, la Première dame, la présidente de la commission parlementaire de l’Enfance et le ministre des Affaires sociales ont pris tour à tour la parole, avant de laisser s’exprimer les enfants.
À onze heures piles, Nabih Berry a ouvert la séance selon le rituel habituel. Mais, cette fois, à la place des députés frondeurs et décidés à en découdre les uns avec les autres et parfois avec lui, il avait en face de lui des enfants émus, curieux, parfois intimidés mais d’une franchise désarmante.
Face à la nouvelle génération de Libanais, toutes tendances et confessions confondues, Berry a tenté d’expliquer ce qu’il a fait à la tête du Parlement. Son souci, a-t-il dit, a été de permettre au Parlement libanais de jouer un rôle pionnier dans l’adoption de « la diplomatie parlementaire », au sujet des dossiers arabes, notamment les agressions israéliennes, tout comme il a voulu que le Parlement constitue un pont entre les « Libanais du Liban » et ceux de l’émigration et, enfin, il estime que le Parlement doit jouer un rôle essentiel dans la culture de la démocratie au Liban. À cet égard, Berry a déploré le fait que la démocratie ne soit pas enseignée dans les écoles, alors que le développement des moyens de communication permet une plus grande ouverture sur le monde. Berry a invité les enfants à devenir les pionniers de l’abolition du confessionnalisme.

Mikati
Le Premier ministre Nagib Mikati qui s’est adressé aux enfants en langage parlé a voulu expliquer sa propre expérience, invitant les enfants à ne pas donner de limites à leurs rêves, et ajoutant que la liberté est essentielle dans la réalisation des rêves. Mikati a appelé les enfants à rester attachés aux principes religieux et humains, précisant que la plus grande sagesse réside dans la crainte de Dieu. Il les a enfin appelés à préserver le Liban de la diversité et de la coexistence, le Liban qui ne se met pas à la solde de l’étranger, mais qui ne l’affronte pas non plus.
La Première dame Wafa’ Sleiman a demandé le renforcement des lois protégeant les enfants, ajoutant que la tendance actuelle dans les programmes scolaires est à écouter de plus en plus les enfants. Mme Sleiman a réclamé une conception plus humaine de l’autorité parentale, exprimant sa conviction que ces principes seront entendus par les parlementaires dans l’élaboration de nouvelles lois.

Bou Faour
Le ministre des Affaires sociales Waël Bou Faour s’est étendu sur les souffrances des enfants malades, pauvres ou dont les parents ont été contraints au déplacement ou à l’exode comme en Palestine. Il a ensuite exprimé sa volonté de procéder à des changements qui vont dans le sens d’un plus grand respect des droits des enfants. La présidente de la commission parlementaire de l’Enfance, Gilberte Zouein, a dressé un bilan de ce qui a été accompli dans ce sens avant de céder la place aux questions des enfants.
Avec 17 questions portant essentiellement sur des questions de santé et de société, les enfants ont étonné les adultes par leur bon sens et leur réalisme. Certains, comme Salah (10ans), ont même arraché des larmes à Berry et à Mikati, lorsqu’ils ont évoqué le coût de leurs traitements du cancer et l’absence d’avenir pour ceux qui comme eux sont atteints mais n’ont pas les moyens de se faire traiter. Les présents n’ont pas non plus caché leur émotion face au cri du cœur de Hanadi, souffrant d’un handicap physique et réclamant des établissements spécialisés qui lui permettraient d’étudier sans se sentir en retard... Face à des questions aussi concrètes, les carences de l’État sont apparues dans toute leur triste réalité et même si les responsables présents se sont engagés à traiter ces cas individuels, il y a encore des centaines d’enfants libanais qui souffrent en silence et qui ne voient devant eux qu’un avenir bouché. Mikati a bien promis de faire de son mieux et Mme Sleiman a affirmé qu’elle fait de la lutte pour les droits des enfants sa principale lutte, alors que Berry et son épouse Randa, présidente d’une association pour l’enfant handicapé, ont aussi affirmé l’intention de se battre dans ce sens, mais la réalité est que la situation des enfants au Liban exige des efforts intenses, non seulement pour les malades et les démunis mais aussi pour tous ceux qui n’arrivent plus à croire qu’il existe un avenir pour eux dans ce pays. Prochain rendez-vous en 2012 pour un bilan qui sera peut-être plus positif.

http://www.lorientlejour.com/category/Liban/article/732568/Le_Parlement_des_enfants_sous__la_presidence_de_Berry+%3A_entre_emotion_et_realisme.html

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