Disparitions, kidnappings, arrestations...
Tous les opposants syriens le diront à qui veut l’entendre : leur séjour au Liban n’est pas de tout repos et leur sécurité se trouve menacée au quotidien. En dépit des mesures de protection draconiennes que les dissidents syriens prennent au jour le jour – changement fréquent de nom et d’adresse, modification de numéros de téléphone, confinement dans certains quartiers sécurisés – certains activistes craignent que leur sort ne rejoigne celui des personnes kidnappées et portées disparues à ce jour.
Le décompte s’alourdit de jour en jour : Chibili Assaymi, les quatre frères al-Jassem, deux autres opposants portés disparus dans la localité de Wadi Khaled, les frères Sahan et leur ami arrêtés par des éléments armés circulant dans des voitures aux vitres opaques, puis relâchés, quatre autres opposants arrêtés au nord de Baalbeck puis relâchés, un opposant chrétien de Kamichli, arrêté à la station Charles Hélou puis transféré en Syrie, un autre opposant kurde blessé et rapatrié de force en Syrie.
Le décompte s’alourdit de jour en jour : Chibili Assaymi, les quatre frères al-Jassem, deux autres opposants portés disparus dans la localité de Wadi Khaled, les frères Sahan et leur ami arrêtés par des éléments armés circulant dans des voitures aux vitres opaques, puis relâchés, quatre autres opposants arrêtés au nord de Baalbeck puis relâchés, un opposant chrétien de Kamichli, arrêté à la station Charles Hélou puis transféré en Syrie, un autre opposant kurde blessé et rapatrié de force en Syrie.
Il y a également ceux qui, comme Ammar Adib et Mohammad Dachlah, ont été arrêtés par la Sûreté générale, accusés de trafic et de vente d’armes. Coïncidence purement sécuritaire ou extrapolation politique, les deux opposants vivaient en Arabie saoudite et étaient de passage au Liban pour un court séjour. Une chose est toutefois certaine, atteste un opposant syrien qui suit de près le dossier des disparitions, c’est que les accusations portées contre Mohammad Dachlah semblent confirmées.
Le cas de Ammar Adib, par contre, est particulièrement surprenant, relève son avocat et défenseur des droits de l’homme, Nabil Halabi, puisque ce dernier avait été au départ arrêté et interrogé par des éléments du Hezbollah. Lors d’une discussion sur la situation en Syrie qui s’est envenimée dans un café de la banlieue sud, Ammar Adib s’est fait agresser par un autre client, un Libanais, qui lui a lancé une cruche à la tête. Transporté à l’hôpital al-Rassoul al-Aazam pour être soigné, il a été interpellé et interrogé par le Hezbollah puis relâché au bout de quelques heures, raconte son avocat. Quelques jours plus tard, et alors qu’il s’apprêtait à prendre l’avion pour rejoindre l’Arabie saoudite où il réside, Ammar Adib est arrêté par la Sûreté générale et déféré devant le tribunal militaire. Ce dernier aurait fondé ses accusations « sur le rapport d’investigation qui lui a été remis par la Sûreté, laquelle n’a fait que reprendre la teneur de l’interrogatoire du Hezbollah », relève son avocat.
C’est d’ailleurs ce même tribunal militaire qui aurait également décidé « d’occulter l’affaire du kidnapping des frères al-Jassem », sur laquelle le directeur des Forces de sécurité intérieure, le général Achraf Rifi, a levé le voile il y a une semaine devant la commission parlementaire des Droits de l’homme.
Selon les informations révélées par une source sécuritaire, on sait désormais que les quatre frères, dont un est décédé dans l’une des prisons syriennes la semaine dernière, avaient été enlevés par un officier des FSI connu pour ses affiliations syriennes, à l’aide de véhicules appartenant à l’institution sécuritaire. Selon la source, les FSI ont soumis un dossier complet à la commission des Droits de l’homme mais aussi au tribunal militaire « sur lequel des pressions de très haut niveau ont été exercées », affirme la source qui laisse clairement entendre que le mot d’ordre est venu de parties syriennes. L’officier en question a certes fait l’objet de mesures disciplinaires, tient à souligner la source, « mais aucune sanction légale n’a été prise contre lui par le tribunal, qui a décidé de pratiquer la politique de l’autruche plutôt que d’ouvrir la boîte de Pandore ».
Depuis quelques jours, un autre opposant a été porté disparu dans une région chrétienne, atteste Nabil Halabi, qui indique qu’il a été conduit en Syrie. Une information encore difficile à vérifier à ce stade.
Selon la source sécuritaire précitée, ce mouvement de kidnapping devrait toutefois décliner maintenant que le dossier a été dévoilé dans les médias, et que les ambassades occidentales s’en sont saisies, exhortant sur un ton on ne peut plus ferme les autorités libanaises à se porter garantes de la protection des opposants qui viennent trouver refuge au Liban. Selon un membre des comités de coordination locaux (LCC), Imad de son surnom, l’intervention des ambassades sur ce dossier risque, au contraire, de susciter encore plus le courroux du régime syrien, « qui voudrait alors prouver, par alliés interposés, que rien ne peut l’intimider notamment sur un terrain qu’il continue de considérer comme étant sa chasse gardée ». Selon Imad, la mise en garde adressée par les diplomates ne saurait protéger les centaines d’opposants syriens dont plusieurs affirment avoir été filés par des « agents » à un moment ou à un autre.
Ce que craignent le plus les opposants, ce sont les informations que tentent de collecter à leur propos des « formations et des partis prosyriens », et qui peuvent être utilisées contre eux à un moment ou un autre.
Depuis quelques jours, un autre opposant a été porté disparu dans une région chrétienne, atteste Nabil Halabi, qui indique qu’il a été conduit en Syrie. Une information encore difficile à vérifier à ce stade.
Selon la source sécuritaire précitée, ce mouvement de kidnapping devrait toutefois décliner maintenant que le dossier a été dévoilé dans les médias, et que les ambassades occidentales s’en sont saisies, exhortant sur un ton on ne peut plus ferme les autorités libanaises à se porter garantes de la protection des opposants qui viennent trouver refuge au Liban. Selon un membre des comités de coordination locaux (LCC), Imad de son surnom, l’intervention des ambassades sur ce dossier risque, au contraire, de susciter encore plus le courroux du régime syrien, « qui voudrait alors prouver, par alliés interposés, que rien ne peut l’intimider notamment sur un terrain qu’il continue de considérer comme étant sa chasse gardée ». Selon Imad, la mise en garde adressée par les diplomates ne saurait protéger les centaines d’opposants syriens dont plusieurs affirment avoir été filés par des « agents » à un moment ou à un autre.
Ce que craignent le plus les opposants, ce sont les informations que tentent de collecter à leur propos des « formations et des partis prosyriens », et qui peuvent être utilisées contre eux à un moment ou un autre.

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