Le secrétaire général des Nations unies a affirmé que le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) devrait continuer son travail sans ingérence de quiconque et qu'il avait le soutien de l'ONU.
C'est lors d'une conférence de presse tenue au Palais de Verre à l'issue d'un entretien avec l'ex-ministre israélienne des AE Tzippi Livni que Ban Ki-moon a remis les pendules à l'heure : « Je tiens à être parfaitement clair. Ce tribunal est indépendant, avec un mandat clair du Conseil de sécurité. Il est chargé de découvrir la vérité et de faire cesser l'impunité, et nous allons essayer de nous assurer qu'il fait son travail, sans oublier bien sûr le rôle du comité de gestion (du TSL) dans ce processus », a-t-il dit. « Ce travail est important, et il faut aller de l'avant. J'exhorte tous les Libanais et les parties de la région à ne pas préjuger du résultat, ni à s'immiscer dans le travail du tribunal », a-t-il encore insisté.
Interrogé par L'Orient-Le Jour sur la fragilité de la situation sécuritaire et la tension grandissante au Liban avant la publication de l'acte d'accusation, Ban Ki-moon a réagi à la visite-polémique surmédiatisée du président iranien Mahmoud Ahmadinejad au Liban, le 13 octobre. « Je suis convaincu que cette visite pourrait être utilisée de manière constructive pour la paix et la sécurité au Liban et au Moyen-Orient dans son ensemble », a-t-il répondu.
Le patron du Palais de Verre a refusé de commenter les mandats d'arrêt syriens contre les 33 personnalités libanaises et syriennes. « Par contre, la procédure de la cour a notre ferme soutien. Cette cour devrait suivre sa propre voie, son propre travail », a-t-il réaffirmé. Et concernant la souveraineté et l'indépendance du Liban, il a laissé entendre que « c'est une question de principe. Malgré les déclarations politiques faites au Liban ou par les pays voisins, j'ai souligné l'importance d'une organisation judiciaire internationale indépendante qui a son propre mandat, un mandat unique soutenu par le Conseil de sécurité, qui devrait suivre son chemin ».
A-t-il consulté certains membres permanents du Conseil de sécurité avant de rendre public ce soutien musclé au TSL ? « Tout d'abord, lorsque je fais une déclaration, je consulte mes principaux conseillers et non pas les pays membres. C'est ma déclaration », a-t-il indiqué, rappelant que « personne ne peut interférer ou préjuger des décisions et des jugements du tribunal. Sans cela, nous ne pourrons pas parvenir à mettre fin à l'impunité. La situation politique et sécuritaire au Liban devrait être indépendante de la procédure judiciaire. En tant que secrétaire général, je ne suis pas là pour faire un jugement légal. Je ne suis pas un juge », a-t-il ajouté.
Au sujet du financement du TSL et de la pression de l'opposition libanaise en vue de le bloquer, Ban Ki-moon a rappelé que le gouvernement libanais « a l'obligation de contribuer à 49 % de son financement et la communauté internationale à 51 %. Nous essayons de lever des fonds avec le gouvernement libanais pour que le Liban puisse mener à bien ses obligations. Le comité d'administration du tribunal et le Conseil de sécurité seront en mesure de traiter cette question », a-t-il conclu, rassurant.

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