The Lebanese Center for Human Rights (CLDH) is a local non-profit, non-partisan Lebanese human rights organization in Beirut that was established by the Franco-Lebanese Movement SOLIDA (Support for Lebanese Detained Arbitrarily) in 2006. SOLIDA has been active since 1996 in the struggle against arbitrary detention, enforced disappearance and the impunity of those perpetrating gross human violations.

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October 6, 2010

L'Orient le Jour - For the majority, with or without arrest warrants, the STL will go all the way... October 6, 2010

Le Courant du futur tient à ce que les relations bilatérales continuent d'aller de l'avant.

Les réactions aux mandats d'arrêt émis dimanche dernier par la justice syrienne contre 33 personnalités, majoritairement libanaises, continuent de se multiplier au sein de l'alliance de la majorité, qui a condamné hier ce coup de Jarnac porté par Damas aux relations libano-syriennes, d'autant plus inutile que cette initiative, assurent les pôles du 14 Mars, n'aura aucun impact sur l'action du Tribunal spécial pour le Liban (TSL).

« Ces mandats d'arrêt sont éminemment politiques », a martelé le ministre des Affaires sociales Sélim Sayegh, faisant remarquer qu'il n'a échappé à personne au Liban qu'il était totalement farfelu de les lire sous l'angle juridique, s'appuyant pour cela sur l'intervention avant-hier en Conseil des ministres du ministre de la Justice, Ibrahim Najjar. « Il est inadmissible que (les Syriens) adressent des messages politiques à Saad Hariri de cette façon et nous n'avons pas à nous découvrir de cette manière devant eux », a-t-il en outre déploré, citant l'ancien chef de l'État Sleimane Frangié, qui répétait à loisir que « ma patrie a toujours raison », pendant que le député de Zahlé Okab Sakr assurait que le Liban allait « répondre » à cela « légalement et juridiquement à travers les institutions » concernées. « Nous allons également suivre de près les répercussions politiques », a-t-il assuré.

Pour le député du Courant du futur (CdF) Mohammad Kabbara aussi, ces mandats d'arrêt « n'ont pas le moindre poids politique ». Invitant tous ceux qui y ont applaudi à « manger leur chapeau », il a réaffirmé que le TSL ne modifiera pas son chemin « d'un iota. Nous souhaitons les meilleures relations libano-syriennes qui soient, des relations qui garantissent la souveraineté des deux pays et qui coupent l'herbe sous les pieds de tous ces suivistes qui ne rêvent que du retour de la tutelle de Damas », a-t-il ajouté.
Même son de cloche naturellement pour le député FL Antoine Zahra. « Nous devons remercier la justice syrienne : c'est sans doute le sursaut nécessaire à beaucoup de consciences, à ces gens qui avaient cru à un moment ou un autre qu'il était possible de mettre un terme au putsch contre l'intifada de l'indépendance et qu'il était possible de protéger les acquis en enterrant des têtes dans le sable », a-t-il ironisé sur la chaîne de télévision Akhbar el-Mostaqbal. « Ces attaques par le camp du 8 Mars et par ses alliés régionaux contre les acquis du 14 Mars n'ont pas cessé une seconde ; il était donc nécessaire que tout le monde s'en souvienne », a-t-il poursuivi, rappelant qu'un pays ne peut subsister sans justice et que le TSL « va aller jusqu'au bout ».
Confirmant elle aussi la vacuité juridique des mandats d'arrêt émis par la justice syrienne, l'ancienne ministre Nayla Moawad, qui a déjeuné à la table du patriarche maronite Mgr Nasrallah Sfeir, a déclaré que « plus des deux tiers du peuple libanais demande depuis l'an 2005 - et continue de le faire - que le TSL fasse toute la vérité non seulement dans l'assassinat de Rafic Hariri, mais également dans toutes les autres affaires ». Concernant l'affaire des faux témoins, elle a relevé qu'il était totalement saugrenu de continuer à réclamer l'application des résolutions internationales si « l'on affirme ne plus avoir confiance dans ce TSL qui œuvre sous ombrelle onusienne. C'est au tribunal spécial de statuer sur la nature des témoins », a-t-elle dit, citant Daniel Bellemare qui avait assuré que les décisions du TSL ne sont pas basées sur le témoignage de ces « faux témoins »...
Membre du CdF, le député Ammar Houry s'est étonné du timing de ces mandats d'arrêt, « à l'heure où le président Hariri essaie d'ouvrir une nouvelle page avec Damas. Peu importe, pourtant : quoi qu'il arrive, les orientations de Saad Hariri et du Courant du futur ne changeront pas et les relations libano-syriennes continueront d'aller de l'avant », a-t-il estimé, relevant que le premier à avoir lancé des accusations politiques contre la Syrie « reste Michel Aoun et non pas le Courant du futur ».
Le ministre d'État Jean Oghassabian, chargé concrètement de l'organisation des relations entre Beyrouth et Damas, ne partage pas l'avis de son colistier : « Ces mandats d'arrêt ont augmenté la tension et elles étaient manifestement destinées à influer d'une façon ou d'une autre sur le processus d'ouverture envers la Syrie qu'avait entamé, plein de bonne volonté, Saad Hariri, lequel reste convaincu que c'est la meilleure façon d'agir. »
Le député Tammam Salam a, lui, carrément déploré « les répercussions négatives » sur les relations entre les deux pays des mandats d'arrêt. « Nous devons pourtant soigner très précautionneusement ces relations et leur donner toutes les chances de réussir parce que cela sert les intérêts du Liban et l'avenir des deux pays », a-t-il ajouté, toujours à l'issue d'un entretien avec l'ancien Premier ministre Nagib Mikati.
Enfin, le président de la commission parlementaire de l'Administration et de la Justice, Robert Ghanem, a assuré qu'il était « impossible » à la Syrie d'exercer « une souveraineté sur des citoyens libanais davantage que l'État libanais lui-même, surtout qu'il est clair, selon les normes internationales, que n'importe quel citoyen d'un État disposant d'une justice et de procédures pénales bien définies ne peut pas recourir à la justice d'un autre État parce que cela convient davantage à son affaire ». 

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