Par Élie MASBOUNGI | 05/03/2011
La France continue de suivre avec un grand intérêt la prochaine publication de l'acte d'accusation du Tribunal spécial sur le Liban relatif à l'assassinat de Rafic Hariri et les signes avant-coureurs d'une probable tension entre le gouvernement libanais et l'instance judiciaire de La Haye. Hier, lors de son point de presse, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères et européennes, M. Bernard Valero, a réaffirmé que le Liban doit donner suite aux demandes du TSL. Il a rappelé à ce propos que Paris respecte l'indépendance de ce tribunal, précisant que la résolution 1757 du Conseil de sécurité adoptée sous le chapitre 7 fait obligation aux parties et autorités libanaises de coopérer avec le TSL à l'égard duquel la position française, a-t-il ajouté, a été rappelée jeudi par le ministre d'État, ministre des Affaires étrangères et européennes, M. Alain Juppé, qui a insisté encore une fois sur l'indépendance du TSL et la nécessité pour le Liban de coopérer avec lui.
Au-delà de cette position officielle française, des milieux proches du Quai d'Orsay, après avoir pris connaissance des atermoiements de certains ministres libanais à donner suite à des demandes du TSL, ont considéré a priori qu'il faut se conformer à ces demandes. Mais, ont estimé ces milieux, si ces demandes étaient rejetées et considérées par les autorités libanaises comme portant atteinte aux libertés individuelles (empreintes digitales, mouvement de l'aéroport de Beyrouth et rapports sur les appels téléphoniques) et si ce refus venait à provoquer une crise majeure entre Beyrouth et l'instance de La Haye, le gouvernement français réévaluerait la situation et adopterait la position qu'elle jugerait utile et de nature à régler cette crise.

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