Avec le début d'une semaine qui s'annonce cruciale, en raison de la tenue ou non de la réunion du Conseil des ministres de mercredi prochan, l'opposition a poursuivi sa campagne en faveur du transfert du dossier des faux témoins devant la Cour de justice.
Le numéro 2 du Hezbollah cheikh Naïm Kassem a ainsi affirmé que son parti ne reconnaîtra pas tout acte d'accusation qui ne serait pas basé sur la reconnaissance de l'existence du dossier des faux témoins et sur les objectifs de leur fabrication. Kassem a demandé pourquoi l'autre camp craint tellement de déférer ce dossier devant la Cour de justice, alors que celle-ci est la plus haute instance judiciaire du pays et qu'elle a eu à traiter des dossiers personnels comme l'assassinat des deux Ziyad. Tout en affirmant que le Hezbollah accepte le jugement qu'émettra la Cour de justice sur le dossier des faux témoins - qui peut reconnaître ou non leur existence -, Kassem a précisé que le Hezbollah est aussi prêt à accepter un vote et qu'il acceptera le résultat de ce vote du Conseil des ministres. Il a aussi ajouté que le retard dans l'examen de cette question montre clairement une volonté de privilégier la publication de l'acte d'accusation et non l'ouverture de ce dossier.
Cheikh Kassem s'est demandé pourquoi les États-Unis et leurs alliés s'occupent tellement de cette affaire, alors que bien d'autres assassinats sont totalement ignorés et que les crimes d'Israël ne sont jamais condamnés. « Ils nous disent d'envoyer notre défense et affirment que l'acte d'accusation incriminera des individus, non le Hezbollah, mais nous savons que cet acte sera une copie conforme de l'article du Der Spiegel. Si nous entrons dans ce jeu, nous allons vers une condamnation claire et l'acte d'accusation est une menace contre le Hezbollah qui pourrait aussi atteindre la Syrie et l'Iran. »
Tout en affirmant que le Hezbollah est tranquille et parle pour montrer la réalité aux gens et pour se défendre, il a émis le souhait que les autorités s'occupent plus des problèmes économiques et sociaux. Selon lui, le plan fomenté contre le Liban a trois objectifs : trouver les points faibles et détruire les points forts, soumettre le Liban à la volonté internationale et laisser le pays à la merci des plans et de la volonté israéliens.
Le député membre du Bloc de la résistance Nawwar Sahili a été dans le même sens, assurant que sans l'assassinat de Rafic Hariri, les États-Unis n'auraient pas pu imposer leur projet au Liban. Selon lui, l'acte d'accusation a pour but de semer la discorde au Liban. Sahili a démenti le fait que pendant les 5 dernières années, l'accusation était politique comme l'affirme le 14 Mars, car elle a été assortie de conséquences politiques et judiciaires. Sahili a enfin réclamé le vote au sein du prochain Conseil des ministres, et si l'opposition obtient la majorité des voix, le dossier des faux témoins sera déféré devant la Cour de justice, assurant que la clé de la solution réside dans l'ouverture du dossier des faux témoins pour identifier ceux qui se sont tenus derrière eux et qui ont sciemment détourné l'enquête vers de fausses pistes.
De son côté, le vice-président du Conseil supérieur chiite a estimé que la gravité de la situation exige des positions modérées et un dialogue entre toutes les parties pour déjouer les complots sionistes qui s'exécutent tantôt directement et tantôt indirectement et qui exigent beaucoup de sagesse de la part des Libanais, ainsi qu'une volonté de renforcer l'entente nationale.
Même son de cloche chez les députés membres du bloc de Berry, Hani Kobeïssy et Yassine Jaber, ainsi que ceux du PSNS, Assaad Hardane et Kassem Hachem, qui ont mis l'accent sur les complots visant à ternir la victoire éclatante de la résistance et du Liban en général sur Israël en 2006. Le ministre Youssef Saadé a aussi exprimé l'inquiétude du courant des Marada pour la stabilité interne, en raison de la publication de l'acte d'accusation et des méthodes adoptées par le TSL. Saadé a réaffirmé que le Conseil des ministres est l'autorité compétente pour trancher le dossier des faux témoins, assurant que si l'entente entre les ministres est impossible sur ce sujet, il faudra procéder au vote.

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