The Lebanese Center for Human Rights (CLDH) is a local non-profit, non-partisan Lebanese human rights organization in Beirut that was established by the Franco-Lebanese Movement SOLIDA (Support for Lebanese Detained Arbitrarily) in 2006. SOLIDA has been active since 1996 in the struggle against arbitrary detention, enforced disappearance and the impunity of those perpetrating gross human violations.

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November 8, 2010

L'Orient le Jour - The terrible discomfort of the «center» - November 8, 2010

Depuis quelque temps, la scène politique offre, en chaque début de semaine, le même spectacle de paralysie : une réunion prévue du Conseil des ministres ; un ordre du jour axé sur le même thème, à savoir le dossier dit des « faux témoins » ; un camp qui veut que ce dossier soit transféré toutes affaires cessantes devant la Cour de justice, dans l'espoir que cela entraverait la marche du TSL ; un autre qui considère que ce dossier n'existe pas encore pour que l'Exécutif s'en préoccupe ; un troisième qui cherche à éviter de prendre position ; et, pour couronner le tout, un petit suspense : clash ou ajournement ?
Dans l'entourage du président de la République, on continue à penser que la seconde option est préférable à la première, dans la mesure où un affrontement ferait probablement sauter définitivement l'improbable coalition gouvernementale. Mais dans les rangs de l'ex-opposition, on se doute que l'attitude du chef de l'État à ce propos fait le jeu de la majorité, accusée de vouloir gagner du temps en attendant la parution de l'acte d'accusation du TSL.
Sauf qu'à cette argumentation, les proches de Baabda rétorquent qu'en réalité, les issues juridiques au problème posé existent. Il suffit de les cueillir ; à condition, justement, que l'on veuille bien d'une solution juridique et non pas politique.
Mais la question qui se pose cette semaine est de savoir si Baabda va être en mesure de tenir le coup après le désaveu que l'ex-opposition a exprimé jeudi dernier, en boycottant la conférence de dialogue, vis-à-vis de la politique présidentielle.
Certes, en théorie, les prérogatives du président de la République lui permettent, aux côtés du chef du gouvernement, de décider souverainement de la tenue et de l'ordre du jour des séances du Conseil des ministres. Mais face au rapport de forces réel dans le pays, que peuvent des prérogatives nominales ?
Cette interrogation nous mène d'ailleurs, tout à fait incidemment, à un constat dont le moins qu'on puisse dire est qu'il incarne le comble de l'ironie : parmi ceux qui cherchent actuellement à brider les pouvoirs du chef de l'État, ne trouve-t-on pas le clan des défenseurs autoproclamés des prérogatives présidentielles ? Mais bien, sûr, il s'agit là d'un tout autre débat...
Pour en revenir à l'actualité, la question se pose avec autant d'acuité que le climat a été suffisamment alourdi par la campagne médiatique menaçante augurant d'un recours à la force par le Hezbollah pour imposer une fois de plus ses vues. Un climat jugé suffisamment alarmant par Nicolas Sarkozy pour l'amener à dépêcher à Beyrouth son ministre des Affaires étrangères de manière quasi inopinée et s'apprêter, sous certaines conditions, à recevoir les principaux chefs de file libanais.
En attendant, Michel Sleiman s'emploie toujours à éviter que l'on en arrive au vote dans l'affaire des « faux témoins » ; le camp du 14 Mars aussi, et bien entendu Walid Joumblatt, dont le souci majeur semble aujourd'hui de ne pas être contraint, dans les faits, d'opter de manière tranchée pour un camp contre l'autre.
Or c'est précisément cela que souhaiterait le 8 Mars : forcer M. Joumblatt à sortir de ses irritantes (elles le sont pour tout le monde) demi-teintes « centristes ». D'où l'insistance des alliés de l'axe syro-iranien pour recourir au vote en Conseil des ministres.
Car au-delà de la question du pointage et du résultat brut d'un éventuel vote, un basculement définitif de Walid Joumblatt du côté de la minorité aurait naturellement des incidences énormes au niveau de l'équilibre des forces non pas uniquement au sein du gouvernement, mais aussi et surtout à la Chambre.
Le chef du PSP va donc se concerter aujourd'hui avec son « allié » centriste, le président Sleiman. De sources informées, on n'écarte pas la possibilité par la suite d'une réunion à trois, regroupant le chef de l'État, le Premier ministre, Saad Hariri, et le président de la Chambre, Nabih Berry, ce dernier étant censé continuer à balloter en quelque sorte entre ses amis radicaux et le « centrisme » refondateur auquel l'invite instamment M. Joumblatt.
De ces préparatifs dépendra le sort de la séance du Conseil des ministres, prévue en principe mercredi ; mais peut-être aussi celui du Conseil des ministres tout court. 

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