The Lebanese Center for Human Rights (CLDH) is a local non-profit, non-partisan Lebanese human rights organization in Beirut that was established by the Franco-Lebanese Movement SOLIDA (Support for Lebanese Detained Arbitrarily) in 2006. SOLIDA has been active since 1996 in the struggle against arbitrary detention, enforced disappearance and the impunity of those perpetrating gross human violations.

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November 11, 2010

L'Orient le Jour - The subtle game of Damascus... - November 11, 2010

À mesure que s'approche la probable heure fatidique avec l'annonce officieuse de la publication de l'acte d'accusation du TSL en décembre, certains faits deviennent plus clairs et d'autres plus confus. Il est désormais acquis pour beaucoup d'observateurs que « la contre-offensive occidentale » visant à renforcer le camp du 14 Mars et à rappeler l'appui total de la communauté internationale aux institutions libanaises et au TSL est due essentiellement à deux raisons. 
La première,selon des sources n'appartenant à aucun des deux camps, fait suite à une plainte qui aurait été formulée par le Premier ministre Saad Hariri devant des interlocuteurs étrangers, dans laquelle il se demandait pourquoi l'Occident, Europe et États-Unis réunis, ne prenaient pas position et le laissaient seul pour affronter les pressions de l'opposition et celles de la Syrie. Hariri aurait aussi laissé entendre qu'il existe deux courants en Arabie saoudite et face à une telle confusion, il serait pris de doutes. Les diplomates et autres émissaires qui auraient entendu cette opinion auraient aussitôt alerté leurs États qui ont choisi de réagir. D'ailleurs,ajoutent les mêmes sources, des rapports diplomatiques précisent qu'en visite en Arabie saoudite, le secrétaire d'État américain adjoint Jeffrey Feltman aurait eu le sentiment que le roi d'Arabie et le Premier ministre libanais seraient sur le point de céder aux pressions syriennes, et il aurait décidé de se rendre au Liban dans le cadre d'une visite éclair pour contrer ces pressions. 
La seconde raison est peut-être plus importante et elle est désormais confirmée par des milieux diplomatiques et médiatiques occidentaux. Les autorités syriennes, ajoutent ces sources, auraient ainsi dépêché un émissaire en France qui aurait déclaré aux autorités de ce pays que la situation au Liban est très grave et que l'opposition préparerait « un coup d'État constitutionnel » pour s'emparer du pouvoir, dans sa volonté d'éviter de possibles effets secondaires à la publication de l'acte d'accusation du TSL. Là aussi, les autorités françaises auraient aussitôt alerté leurs alliés américains. C'est ainsi qu'il aurait été décidé d'envoyer Jeffrey Feltman dans la région et au Liban en particulier. Ce dernier a été suivi du ministre français des AE Bernard Kouchner, puis du président de la commission des AE au Sénat américain John Kerry. Tous les trois ont tenu pratiquement le même langage, chacun à sa manière : appui total au Premier ministre Saad Hariri, impossibilité de modifier le cours du TSL et nécessité de respecter les institutions constitutionnelles. En même temps, le camp du 14 Mars a repris l'initiative, en tenant une réunion de ses assises chrétiennes à Bkerké, puis une autre élargie au domicile de Saad Hariri. En même temps, les interlocuteurs occidentaux du président Sleiman lui auraient rappelé sa « responsabilité constitutionnelle » dans le respect du fonctionnement des institutions... 
Dans le même sillage, on devrait le noter, le président du TSL, le juge Antonio Cassese, a profité de la présence de journalistes libanais au siège du tribunal à La Haye pour affirmer, avant de se rétracter, que l'acte d'accusation du TSL serait attendu pour la mi-décembre, alors que des sources occidentales avaient évoqué un possible report jusqu'au mois de mars. De plus, le juge Cassese a affirmé (cette fois sans se rétracter) que même si le Parlement et le gouvernement libanais décident que le TSL n'est pas conforme aux règles constitutionnelles libanaises, une telle décision n'aura aucun impact sur le fonctionnement du TSL. Il a ainsi indirectement répondu à ceux, au sein de l'opposition, qui estiment que la préparation d'un dossier solide sur la procédure anticonstitutionnelle qui a abouti à la formation du tribunal pourrait être un coup important porté à ce dernier. 
Face à ce résultat, certaines parties se demandent quel jeu a donc joué la Syrie en alertant l'Occident via la France sur les projets de l'opposition. S'agissait-il d'une simple volonté de montrer à l'Occident la gravité de la situation au Liban pour le pousser à reporter l'acte d'accusation ou pour tenter de trouver une issue à cette crise, ou bien au contraire, dans une manœuvre subtile, les autorités syriennes chercheraient-elles à affaiblir l'opposition ? Certaines sources rapportent ainsi que les autorités syriennes n'auraient pas trop apprécié l'accueil quasiment triomphal réservé par les Libanais au président iranien Mahmoud Ahmadinejad, et ces mêmes sources affirment que des responsables syriens auraient déclaré à des interlocuteurs saoudiens : « C'est incroyable, le Liban est noyé sous les portraits du président iranien, alors que nous qui avons tant fait pour ce pays sommes presque ignorés... » Pour les partisans de cette thèse, les autorités syriennes continuent bien sûr à appuyer l'opposition, mais elles souhaiteraient réduire l'influence iranienne en leur faveur. Et pour cela, elles chercheraient à attirer l'Occident vers elles pour une nouvelle négociation sur le dossier libanais.
Les sources de l'opposition rejettent totalement cette approche et estiment que la Syrie est particulièrement concernée par le TSL et son acte d'accusation, d'autant que des voix occidentales et israéliennes affirment qu'elle sera elle aussi impliquée dans l'assassinat de Rafic Hariri par l'acte d'accusation attendu. De plus, des responsables américains, dont John Kerry, mais aussi d'autres, ont récemment durci le ton à l'égard de la Syrie, rappelant plus ou moins le langage qui prévalait sous le mandat de George W. Bush. Enfin, la résistance au Liban est une donnée stratégique pour la Syrie, au moins tant que le Golan restera occupé, et ce pays ne serait absolument pas prêt à la sacrifier pour quelque raison que ce soit. Pour l'opposition, la Syrie n'a donc joué aucun double jeu et son seul objectif était d'ouvrir les yeux de la communauté internationale qui ne veut pas croire à l'étendue de sa riposte si l'acte d'accusation du TSL devait incriminer des membres du Hezbollah. L'opposition insiste sur le fait que les responsables syriens ne ratent pas une occasion de rappeler leur appui à la résistance et d'indiquer que l'action du TSL est politisée. Elle ajoute que de toute façon, il n'existe pas un seul plan mais plusieurs pour neutraliser les effets possibles de l'acte d'accusation.
D'accord. Mais entre cette position et une volonté sous-jacente de faire passer toute solution par le chemin de Damas, sans passer par Téhéran, il y aurait peut-être des nuances... 

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