Le ministre de l'Information a dénoncé hier les « nombreux abus » commis par les médias, tout en assurant que la liberté de presse n'est pas menacée.
Le ministre de l'Information Tarek Mitri a dénoncé hier les « nombreux abus » commis par les médias et les organes de presse. Il a cependant assuré que ce n'est pas la liberté de presse qui est en cause et souligné la responsabilité des hommes politiques dans l'escalade actuelle.
M. Mitri a souligné que l'accent a été mis sur « la responsabilité politique dans la généralisation du langage de menaces et d'accusations à l'encontre des médias pour non-respect de la loi ». Il a ajouté que plusieurs ministres se sont plaints des « abus répétés » perpétrés, selon eux, dans les médias. « Certains ministres m'ont donné un double conseil, a poursuivi M. Mitri. Soit appliquer la loi sur tous les médias sans exception et d'un seul coup, soit mettre en garde les médias des conséquences de ces abus quels qu'ils soient, sans m'attarder sur l'un d'entre eux en particulier. Je vous avoue que je réfléchis à ces deux conseils, ne sachant lequel est plus réaliste et plus efficace. » Le ministre a insisté cependant sur sa préférence pour le dialogue en vue de « briser le cercle » d'accusations réciproques entre hommes politiques et médias. Des hommes politiques qui, selon lui, assument une grande responsabilité dans l'escalade verbale observée actuellement. « Peut-être que l'initiative doit venir des médias eux-mêmes et des journalistes, poussés par leur sens des responsabilités civiles et nationales, afin de faire triompher un langage alternatif, qui remplacerait le ton de violence et de menaces, a-t-il dit. Avec cela, ils contribueraient à ce que la politique retrouve son niveau réel par un véritable regard critique envers les hommes politiques, au lieu de se positionner en faveur de ces hommes politiques et à leur service. »
M. Mitri a précisé dans son discours que « la liberté des médias n'est pas en cause, et personne ne prétend vouloir devenir un censeur, mais la crédibilité renforce la liberté ». Dans le débat qui a suivi, et en réponse à une question, le ministre a reconnu que « le véritable problème, ce n'est pas une liberté médiatique débridée qu'on aurait pu comprendre, mais le fait que les médias ne sont pas indépendants ». Il a appelé les journalistes à conserver un regard critique, quelle que soit la ligne politique de leur média, et affirmé qu'une nouvelle loi globale améliorerait leur situation.
Concertations pour la loi
Le sujet de la loi sur la presse et les médias a été longuement évoqué par le ministre. Celui-ci a souligné les lacunes de l'actuelle loi, ajoutant que « cela ne justifie pas que celle-ci ne soit pas, ou soit très partiellement, respectée par une grande partie des médias, qu'il s'agisse de presse écrite ou de médias audiovisuels ». Pour lui, « ces abus vont des plus bénins, comme ne pas publier un droit de réponse en entier, aux plus graves, tels ceux décrits par la loi comme provoquant des dissensions confessionnelles ».
« À ceux qui disent que ces lois ne sont pas applicables, nous rappelons que ce qui empêche l'application des lois, ce sont les protections politiques et la politisation à outrance des problèmes des Libanais », a-t-il lancé.
M. Mitri a rappelé qu' « un projet de loi moderne et global, prenant en compte l'extraordinaire révolution que connaît le secteur, est en gestation », ainsi qu'il l'avait déjà annoncé en septembre. « J'ai opté pour une approche participative avec les gens du métier, a-t-il précisé. Les concertations sont en cours, et j'espère que nous ferons des progrès rapides et que nous réussirons à lancer un débat global. » En réponse à une question, il a estimé que ce projet de loi devrait être prêt d'ici à un an, mais qu'il est impossible de fixer un délai dès aujourd'hui. Il a rappelé que les journalistes peuvent continuer à envoyer leurs commentaires au ministère.


No comments:
Post a Comment