The Lebanese Center for Human Rights (CLDH) is a local non-profit, non-partisan Lebanese human rights organization in Beirut that was established by the Franco-Lebanese Movement SOLIDA (Support for Lebanese Detained Arbitrarily) in 2006. SOLIDA has been active since 1996 in the struggle against arbitrary detention, enforced disappearance and the impunity of those perpetrating gross human violations.

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September 7, 2017

L'orient le jour - Le chant du cœur pour la vérité des parents de disparus, September 07, 2017

Nada Merhi

Odette Salem (fauchée par une voiture en mai 2009) met en marche un vieux disque, la première fois depuis la disparition de ses deux enfants en Syrie. Une autre femme sort d'une armoire les habits soigneusement pliés de son fils. La « tente du sit-in », aux pans décorés par les photos des disparus, est désormais vide dans le jardin Gebran Khalil Gebran au centre-ville de Beyrouth. Des femmes éplorées. Des centaines de photos en noir et blanc, défraîchies par de longues années d'attente et d'incertitude quant au sort de ceux qu'elles représentent...
Ces images troublantes, qui représentent près de quatre décennies d'attente et de souffrances, défilent tout au long du vidéoclip, réalisé par Carole Mansour, de la chanson pour les disparus La dallayt wla fallayt, littéralement « Tu n'es ni resté ni parti ». Écrit par Sawsan Mortada, composé par Ahmad Kaabour et chanté par Chantal Bitar, ce texte résume l'incertitude dans laquelle se trouvent les familles des victimes de disparition forcée au Liban et en Syrie depuis le début de la guerre en avril 1975, l'espoir auquel elles s'accrochent, le vide que ces personnes ont laissé dans leur vie... Le vidéoclip a été réalisé grâce au soutien du Haut-Commissariat des Nations unies pour les droits de l'homme.

Hier, il a été présenté au public par le comité des familles de personnes kidnappées ou disparues au Liban à l'occasion de la Journée internationale des disparus, fixée au 30 août, au cours d'une cérémonie organisée à la Maison de l'avocat, dans le secteur du Musée, en coopération avec la campagne Hakna naaref (Nous avons le droit de connaître la vérité). Celle-ci devait avoir lieu le mercredi 30 août. Elle avait été toutefois reportée, en raison des développements survenus la semaine dernière, notamment en ce qui concerne le dossier des militaires enlevés par le groupe État islamique, et dont les dépouilles mortelles avaient été retrouvées à l'issue de l'offensive L'aube des jurds.
« Cette chanson est née des larmes des mères et de l'amertume de l'attente d'un bien-aimé qui tarde à rentrer », affirme Wadad Halawani, présidente du comité des familles de personnes kidnappées ou disparues au Liban. « Elle lutte contre l'injustice, rejette la guerre, met l'accent sur l'amour et l'espoir, recherche l'humanité et appelle à la paix », insiste-t-elle, soulignant qu'à travers ce vidéoclip, les familles des disparus entendent toucher le plus grand nombre de personnes pour les sensibiliser à leur cause.
« Chaque jour est la journée de nos disparus jusqu'à ce que nous connaissons leur sort », insiste encore Mme Halawani, qui ne manque pas de s'attarder sur les souffrances des familles des militaires tués par l'EI. « Notre malheur est tout aussi grand, confie-t-elle. Je suis sûre que les familles des militaires ne se fâcheront pas de nous si nous ressentons une certaine jalousie. » « Certes votre catastrophe est affligeante, dit-elle en s'adressant à elles. Mais vous, vous êtes fixés sur le sort de vos fils. Ce n'est pas notre cas. Depuis plus de trois décennies, nous sommes toujours dans l'incertitude. Honte aux dirigeants qui laissent leurs citoyens rêver d'une tombe pour un être qu'ils ont perdu. »


« Pour oublier, nous devons nous rappeler... »
La cérémonie d'hier a été une occasion pour les familles des disparus et les organisations internationales de « rappeler au gouvernement ses responsabilités » sur ce plan en « accordant la priorité à ce dossier, et ce en œuvrant à dévoiler le sort des disparus », mais aussi à soutenir les familles tout au long de ce processus, comme le souligne Jérôme Thuet, coordonnateur adjoint du programme sur les disparus du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
« Il est temps que le sort des personnes victimes de disparition forcée soit enfin dévoilé », insiste à son tour Me Walid Abou Diya, représentant le bâtonnier de l'ordre des avocats de Beyrouth. Il souligne que cela « n'est pas impossible », comme le montrent les expériences d'autres pays qui ont connu des guerres, mais qui « ont misé sur le règlement du dossier de leurs disparus » et « ont réussi à le faire ».
« Y a-t-il une décision officielle d'atermoiement ? Le dossier des victimes de disparition forcée est-il condamné à rester sans solution ? » s'est interrogé Me Abou Diya, faisant remarquer que « la légèreté avec laquelle l'État aborde ce dossier est honteuse ». Et d'insister sur la nécessité de former une commission indépendante qui sera chargée de suivre ce dossier avec les organisations internationales concernées et de compléter la collecte de l'ADN des parents des disparus.

Me Nizar Saghiyé, avocat des comités des familles des disparus, a pour sa part rappelé les points positifs réalisés au cours des dernières années, notamment la décision prise par le Conseil d'État en mars 2014, accordant aux familles des disparus et des victimes de disparition forcée le droit de prendre connaissance du rapport de la commission officielle d'investigation sur le sort des enlevés et disparus au Liban, désignée en 2000 par le Premier ministre d'alors, Sélim Hoss, et présidée par le général Sélim Abou Ismaïl, et la proposition de loi pour la création d'une commission indépendante qui sera chargée du dossier, actuellement en examen au Parlement.
« Symbole de résistance », comme le souligne Nizar Saghiyé, les familles des victimes de disparition forcée ont une fois de plus insisté hier sur leur droit à la vérité. Ce cri d'un cœur qui ne veut pas s'affadir et s'éteindre, qui veut continuer à vibrer jusqu'à ce que la vérité soit établie, habite les paroles de la chanson pour les disparus : « Les oublier ? Nous n'allons pas les oublier. Pour oublier, nous devons nous rappeler. Où sont-ils ? Nous voulons connaître leur sort, pour pouvoir nous libérer du passé... »

August 31, 2017

Aljoumhouria - Day of the Disappeared marked in Lebanon, August 31, 2017

قالت لجنة أهالي المخطوفين والمفقودين في لبنان في بيان أصدرته لمناسبة اليوم العالمي للمفقود: «أطلّ علينا 30 آب هذا العام قاتماً، مثقلاً بجراح إضافية في غاية الألم. إحياءً لليوم العالمي للمفقود، أغنية كنا سنطلقها هديةً الى أحبّتنا المفقودين والمخفيّين قسرياً. أغنية تطلع من وجع الانتظار ودمع الأمهات. أغنية تحاكي الأمل وحلم القيامة (قيامة وطن). لكن ما طرأ من مجريات أليمة على الأرض، دفعنا إلى تأجيل إقامة الحفل إلى الأربعاء المقبل 6 أيلول 2017».

ولفتت إلى أنه «منذ بداية محنة أسْر العسكريين على أيدي الإرهاب، تمنّينا ألّا يطول احتجازهم. وقفنا إلى جانب أهاليهم متمنّين ألّا يتماثل وضعهم بوضعنا، ألّا يصبح اسمهم أهالي مفقودين. وتبقى كلمات والد الأسير محمد، السيد حسين يوسف تتردّد في آذاننا «شو لمتْ حالي لأنّي ما حسّيت بوجعكن قبل ما ينأسر إبني ورفقاتو».

واعتبرت أنّ «العثور على رفات رجّح مسؤول أمني رسمي رفيع، ثم جزم، بأنها تعود للعسكريين الأسرى، جعلنا نعيش حالة من الغضب والحزن والانتظار والترقّب لنتائج فحوص الـDNA. نحن أهالي المفقودين والمخفيّين قسرياً، مثلنا مثل غالبية اللبنانيين بل أكثر، نتحسّس مشاعر أهالي العسكريين ووجعهم. معهم، نحيا هذه اللحظات الدقيقة والقاسية. فوق ذلك، نحن نشهد على هذا الوضع كتمرين عملي في غاية الصعوبة، نسعى ونطالب من أجل بلوغه ذات يوم نتمنّاه ألّا يكون بعيداً أكثر». وأضاف البيان: «أعزاءنا أهالي العسكريين الأسرى، عزاؤنا الحار، الصادق لكم. لكل أب وأم وزوجة وابن(ة) وطفل(ة). عذراً منكم إن بلغكم صدى شعور حسدٍ تغلغل تلقائياً فينا، لدينا... حسدٌ على قرب امتلاك كل منكم قبراً سيرقد فيه فلذة كبده. يرتاح فيه، وترتاحون بعيداً من ضوضاء التوظيف والاستثمار السياسيَّين! بئس حكّام يجعلون مواطنيهم يحلمون بقبر لحبيب على قلبهم! لن نستسلم للحزن. لن ندع الغصّة تؤثر في حناجرنا. سيبقى صوتنا عالياً يصدح بحق معرفة مصير أحبائنا. حقٌ لن نساوم عليه. حقٌّ لن نتخلّى عنه. حقنا كحق عائلات الإمام موسى الصدر ورفيقيه. ربَّ صدفةٍ خير من ميعادٍ أجادتْ التوقيتَ فزامنتْ ذكرى تغييبهم واليوم العالمي للمفقودين. تعالوا غنّوا معنا الوجع. تعالوا غنّوا الشوق. تعالوا غنّوا الحب. تعالوا غنّوا الحق. تعالوا لنُرغم الحكّام على البدء بتنفيذ إجرائين بديهيّين يشكّلان حلّ الحدّ الأدنى، سعياً لإقفال ملف المفقودين والمخفيّين قسرياً.

الأول: جمع وحفظ العينات البيولوجية منا (أهالي المفقودين والمخفيّين قسرياً). والثاني: اصدار قانون إنشاء هيئة وطنية مستقلّة تنحصر مهمتها في الكشف عن مصير المفقودين والمخفيّين قسرياً».

وشدّد البيان على أنّ «هذا الحلّ يحتاج إلى قرار رسمي جدّي. قرار لا يحتاج تفعيله العملي الى أكثر من 24 ساعة، خصوصاً أنه لا يتقاطع وخلافات أو توافقات الحكام السياسيةَ وأخواتها، خصوصاً أيضاً أنه حلٌ لن يحاسب أحداً. ولن يشوّش على السلمِ الأهلي المهزوز والمنقوص بل هو حلّ يُنهي معاناتِنا ويعززُ السلم الحقيقي في البلاد».

وفي السياق، ناشدت اللجنة الدولية للصليب الأحمر في اليوم الدولي للمختفين السلطاتِ اللبنانية الوفاءَ بالتزاماتها بالكشف عن مصير الذين دخلوا في عِداد المفقودين أثناء النزاعات التي اندلعت في لبنان وتقديم إجابات لعائلاتهم.

وقال رئيس بعثة اللجنة الدولية في لبنان كريستوف مارتن: «للعائلات حق في معرفة ماذا حلّ بأحبائها، وليس بوسعنا أن نستمرّ في غضّ الطرف عن الآلام التي تعتصر قلوبها. منذ بضعة أسابيع ماتت السيدة أم أحمد مفطورة الفؤاد من دون أن تعرف مصير ابنها أحمد الذي كان يبلغ من العمر 23 عاماً عندما اختفى منذ 30 سنة، وهو في طريقه إلى عمله حيث كان يعمل خياطاً. وثمّة آلاف من القصص المأسوية التي تشبه قصة أم أحمد، لا عن أمهات وحسب بل أيضاً عن آباء وأخوات وإخوة يحتاجون إلى إجابات. يجب وضعُ حدٍّ لمعاناتهم».

وأعلن مارتن «أننا نجدّد مناشدتنا السلطات اللبنانية وضعَ آليةٍ للكشف عن مصير المفقودين في لبنان ولتسلّم عملية جمع العينات البيولوجية وتخزينها من اللجنة الدولية».

The Daily Star - Day of the Disappeared marked in Lebanon, August 31, 2017

The International Day of the Disappeared was marked with several events around Beirut Wednesday with the aim of drawing attention to those who were forcibly disappeared in both past conflicts in Lebanon, and the current war in Syria.
The International Committee of the Red Cross (ICRC) held joint events at both Beirut Souks and in Ain al-Mreisseh to raise awareness of the many Lebanese who have disappeared since the start of the Civil War in 1975, right up to the present day. More than 40 years after the outbreak of hostilities, many Lebanese still do not know what happened to missing family members.
ICRC called upon Lebanese authorities to help uncover the fate of the missing. ICRC’s Lebanon spokesperson, Soraya Dali-Balta, told The Daily Star, “We have a constructive dialogue with the authorities about missing persons. Whenever we have bilateral meetings with the President [Michel Aoun] or with the Prime Minister [Saad Hariri] we try to push for passing a law on the missing. This hasn’t been done yet."
Wednesday’s events followed a two day weekend retreat organized by the ICRC, specifically for the families of missing persons, to help them develop the skills to raise awareness for their cause.
Later Wednesday evening, Amnesty International opened “10’s of 1,000’s: An Exhibition on Syria’s Missing and Disappeared,” at Station Beirut in Jisr al-Wati. The exhibition aims to shed light on the lives of some of the individuals who have been arbitrarily detained within Syria.
After the event was opened by the Head of Amnesty’s Regional Office, Lynn Maalouf, the Syrian artist Dima Nachawi, who currently lives in Beirut, read from a story that she had written and illustrated entitled, “The Secret of the Raindrops.”
Nachawi told The Daily Star that through her work she hoped to “participate in creating the cultural memory of Syria.” For her, art provides an alternative way of helping a desensitized audience interact with the Syrian crisis, which is “harsh, but I’m making it softer, so you can see it, understand it, and engage with it."
The final speaker of the evening was Fadwa Mahmoud, co-founder of the Syrian organization “Families for Freedom”, a pressure group that looks to secure freedom for those who have been disappeared or arbitrarily detained within Syria. Mahmoud told The Daily Star that the issue of detainees has become highly politicized in the context of some peace talks, such as the Russian-led talks in Astana.
She is against prisoner exchange being used as a potential bargaining tool as it may result in a handful of releases while thousands would remain in detention. However, she fully supports the negotiation of cease-fire and a cessation of hostilities, but believes the international community should apply any possible pressure on the Syrian Government to release all the disappeared.
“10’s of 1000’s: An Exhibition on Syria’s Missing and Disappeared” is being held at Station Beirut until Sept. 6.

July 19, 2017

L'orient le jour - Le 17 mars 1978 mon mari et moi avons disparu à Khiam, July 19, 2017

Je vivais avec mon mari Mohammad à Khiam, comme nous l'avons toujours fait. Mohammad y possédait des terres et nous cultivions des olives et des pois chiches. J'avais 65 ans, lui en avait 76. Nous vieillissions ensemble, entourés de nos enfants et de nos petits-enfants.
Mais dès septembre 1977, notre ville est devenue la cible d'attaques menées par l'armée israélienne. Il était devenu impossible de travailler et de vivre à Khiam. La plupart des habitants sont partis. Nos enfants ont dû se résigner au même choix. Malgré leurs insistance et demandes répétées, Mohammad et moi avons décidé de rester. À notre âge, il était au-dessus de nos forces de tout quitter.
Le 14 mars 1978, Khiam a été bombardée. Le pilonnage a duré trois jours, faisant fuir les derniers combattants qui tentaient de repousser l'assaut.
Le 17 mars au matin, lorsque les forces israéliennes et leurs alliés sont entrés dans la ville, il ne restait plus que quelques dizaines d'habitants, rien que des personnes âgées et des femmes. Les hommes armés ont sillonné ce qui restait de notre ville détruite et ont arrêté tous les individus qu'ils croisaient sur leur chemin. Quarante et une personnes ont ainsi disparu à Khiam en ce jour de mars 1978.
Mon nom est Zakiyé, mon mari est Mohammad Atoui. Ne laissez pas notre histoire s'interrompre ici.

* « Fus'hat amal » est une plateforme numérique qui rassemble les histoires des personnes disparues au Liban. Le projet est financé par le Comité international de la Croix-Rouge, l'Union européenne, le National Endowment for Democracy et la Fondation Robert Bosch.
Des histoires d'autres personnes ayant disparu durant la guerre sont disponibles sur le site Web de Fus'hat amal à l'adresse: www.fushatamal.org
Si vous êtes un proche d'une personne disparue, vous pouvez partager son histoire sur le site du projet ou contacter Act for the Disappeared aux 01/443104, 76/933306.

May 31, 2017

L'orient le jour - Un ex-détenu en Syrie a dit à ma famille que j’y étais emprisonné, May 31, 2017

Je m'appelle Joseph.
Je suis né à Hasroun, un village du caza de Bécharré, où j'ai également grandi. Nous avions l'habitude, mes frères et moi, de nous rendre à l'école à pied puis nous rentrions étudier à la maison. Toutefois, après la mort de mon père, j'ai décroché un travail à temps partiel dans une station-service pour aider financièrement ma famille.
Très rapidement, la guerre a déstabilisé ma zone de sécurité : Bécharré. Comme le danger de l'armée syrienne approchait, un groupe de jeunes villageois sans formation et sans expérience, dont je faisais partie, a décidé d'agir.
Le 14 mai 1977, nous nous sommes rendus dans le village de Knat puis à Billa. Ce jour-là, le brouillard était épais. J'étais nerveux et inquiet. J'ai toutefois trouvé un certain réconfort dans la compagnie de deux voisins villageois que je connaissais : Joseph et Nabil. Nous ne nous doutions pas que nos adversaires connaissaient bien la région et que nous allions être attirés dans une embuscade : nous avons été kidnappés.
Peu après ma disparition, ma famille a commencé à me rechercher. Elle pensait avoir réalisé des progrès, lorsque les Syriens ont accepté de livrer les corps de quatre victimes tuées lors de cette bataille. Lorsque les arrangements ont été conclus et que les cercueils ont finalement été ouverts, Joseph et Nabil ont été déclarés morts. Il n'y avait toutefois aucun signe de moi.
Ce n'est que deux ans plus tard, à la suite d'une période de calme, que le silence a été rompu. Un détenu de Bécharré, qui venait de sortir d'une prison syrienne, est venu frapper à la porte de la maison familiale. Il leur a dit que j'étais détenu là-bas.
Mon nom est Joseph Tawil. J'avais 17 ans lorsque j'ai été enlevé. Ne laissez pas mon histoire s'interrompre ici.

April 26, 2017

L'orient le jour- J’ai été enlevé à Barbir alors que je faisais le plein, April 26 , 2017

Des milliers de personnes ont disparu pendant la guerre du Liban. Leur sort reste inconnu. Dans le cadre du projet « Fus'hat amal »*, nous publions le portrait de l'un d'eux.

Mon nom est Joseph.
Pendant quinze ans, j'ai été sergent dans l'armée. Je servais fièrement mon pays à l'École des officiers à Fayadiyé. Après la scission de la troupe en janvier 1976, j'ai décidé qu'il était éthique et plus sûr que je présente ma démission à l'armée et que je reste à la maison pour me consacrer à ma famille et à mon fils unique, Élie, que nous avions accueilli parmi nous après quatorze années de mariage. Il représentait tout pour moi. Et pourtant, un an seulement après sa naissance, nous avons été séparés.
En avril 1976, en raison d'une pénurie d'essence dans la région de Sin el-Fil où j'habitais, j'ai quitté la maison à la recherche d'essence. Je suis arrivé à la station Khodr à Barbir. J'ai fait le plein de ma voiture et je suis rentré chez moi. Quelques jours plus tard, cherchant de nouveau de l'essence dans le même quartier, je n'ai pas été aussi chanceux. Le 25 avril, j'ai été enlevé dans cette région qui sera l'un des passages les plus dangereux entre Beyrouth-Est et Beyrouth-Ouest.
Aujourd'hui, ce n'est qu'un grand carrefour, toujours bloqué par la circulation, où les gens passent sans tenir compte de son importance, par le passé mais aussi pour le présent.
Mon nom est Joseph Keyrouz. Ne laissez pas mon histoire s'interrompre ici.

* « Fus'hat amal » est une plateforme numérique qui rassemble les histoires des personnes disparues au Liban. Le projet est financé par le Comité international de la Croix-Rouge, l'Union européenne, le National Endowment for Democracy et la Fondation Robert Bosch.
Des histoires d'autres personnes ayant disparu durant la guerre sont disponibles sur le site Web de Fus'hat amal à l'adresse: www.fushatamal.org
Si vous êtes un proche d'une personne disparue, vous pouvez partager son histoire sur le site du projet ou contacter Act for the Disappeared aux 01/443104, 76/933306.

Source & Link : L'orient le jour

April 19, 2017

L'orient le jour- Ma disponibilité à toujours vouloir aider les autres a causé ma disparition, April 19 , 2017

Des milliers de personnes ont disparu pendant la guerre du Liban. Leur sort reste inconnu. Dans le cadre du projet « Fus'hat amal » *, nous publions le portrait de l'un d'eux.


Mon nom est Issam.
J'aimais travailler de mes mains. Le meilleur moment de la journée était celui que je passais avec ma mère pour l'aider à s'occuper du jardin. On disait que j'étais du genre qui n'épargne aucun effort pour venir en aide aux autres. C'est ce qui a d'ailleurs mené à ma disparition.
C'était en 1982, lors de l'invasion israélienne. Le fils de mon meilleur ami était très malade et avait besoin de soins immédiats. Malgré tous les avertissements, j'ai proposé de les accompagner, son père et lui, au cabinet du médecin à Souk el-Gharb. Je les ai déposés et j'ai repris la route vers Aley. Sur le chemin, j'ai été arrêté à un barrage mobile. C'était la dernière chose qu'on avait apprise de moi.
J'ignorais qu'une demi-heure plus tôt, une fusillade a eu lieu à une fête d'anniversaire. C'est la raison pour laquelle le barrage a été installé de manière spontanée. J'y suis passé par pur hasard. Lorsque je ne suis pas rentré chez moi, à 18 h, ma famille a commencé à s'inquiéter et s'est mise à me rechercher. Des gens de notre village leur ont dit qu'ils m'ont vu assis sur le siège arrière de ma voiture avec quatre hommes étrangers. L'un d'eux conduisait la voiture à toute allure. Depuis, plus personne ne m'a jamais vu. Ma famille a gardé mes habits pendus dans l'armoire tels que je les avais laissés, attendant mon retour.
Mon nom est Issam Faytrouni. Ne laissez pas mon histoire s'interrompre ici.
* « Fus'hat amal » est une plateforme numérique qui rassemble les histoires des personnes disparues au Liban. Le projet est financé par le Comité international de la Croix-Rouge, l'Union européenne, le National Endowment for Democracy et la Fondation Robert Bosch.
Des histoires d'autres personnes ayant disparu durant la guerre sont disponibles sur le site Web de Fus'hat amal à l'adresse: www.fushatamal.org
Si vous êtes un proche d'une personne disparue, vous pouvez partager son histoire sur le site du projet ou contacter Act for the Disappeared aux 01/443104, 76/933306.

Source & Link : L'orient le jour

April 14, 2017

L'orient le jour- Disparus : « Nous avons le droit à la vérité... », April 14 , 2017

Les familles des victimes de disparition forcée appellent à signer une pétition réclamant que la lumière soit faite sur le sort des leurs.

Elles étaient une poignée de femmes hier à effectuer le déplacement dans les différentes régions du pays pour réitérer, au nom des milliers de familles de victimes de disparition forcée en Syrie et au Liban, leur attachement à leur droit à connaître la vérité sur le sort de leurs proches.
Comme elles le font depuis douze ans déjà lorsqu'elles ont entamé le 11 avril 2005 leur sit-in dans le jardin Gibran Khalil Gibran, elles se sont rassemblées sur les lieux de la tente, place Riad el-Solh, près de l'Escwa. Hier, à l'occasion du quarante-deuxième anniversaire du début de la guerre civile, le 13 avril 1975, elles ont lancé la campagne de collecte de signatures sur la pétition réclamant la vérité sur le sort des milliers de victimes de disparition forcée. Une exposition de photographies sur le thème Stolen Lives (Des vies volées) de Wissam Khoury était également organisée.
« Cette pétition constitue une feuille de route », affirme Wadad Halaouani, présidente du Comité des familles des disparus et kidnappés au Liban. « C'est la solution minimale acceptable au drame des victimes de disparition forcée et à leurs familles », martèle-t-elle.
Le Comité des familles des disparus et kidnappés au Liban et le Comité des familles des détenus libanais en Syrie adressent cette pétition à la Chambre et au Conseil des ministres. Ils les appellent à « procéder à la collecte de l'ADN des familles » et à « voter la loi, actuellement en examen à la Chambre, visant la formation d'une commission d'enquête indépendante qui sera chargée du dossier ».
« Nous voudrions collecter le plus grand nombre possible de signatures en l'espace de quarante-cinq jours », précise Wadad Halaouani, qui explique que la pétition peut être signée également en ligne à l'adresse :
www.goo.gl/mrWnmy

(Lire aussi : « Empty chairs, Families waiting », ou le devoir de mémoire)

Le drame des familles en chiffres

Le mauvais temps n'a pas eu raison de l'inlassable quête des familles de la vérité. Elles étaient fidèles au rendez-vous, comme elles l'ont toujours été, depuis plus de trois décennies que dure leur attente. Leur compagnon de route et défenseur de leur cause, Ghazi Aad, décédé en novembre dernier, leur manque. Mais « il continuer à veiller sur nous, là où il est », affirment les femmes, usées par une souffrance qui n'a que trop duré.
Ce drame n'en finit pas : il est toujours là 42 ans après le début de la guerre, 27 ans après le retour de la paix, 35 ans après la création du Comité des familles des disparus et kidnappés au Liban, 27 ans après la fondation de Solide (Soutien aux Libanais en détention et en exil) et 17 ans après le lancement de la campagne « Notre droit à la vérité ». À cela s'ajoutent douze années de sit-in dans le jardin Gibran Khalil Gibran, cinq années écoulées depuis que le Comité international de la Croix-Rouge a présenté au Conseil des ministres un projet visant à collecter l'ADN des familles des victimes de disparition forcée et trois années passées depuis que la proposition de loi pour la formation d'une commission parlementaire chargée du dossier a été présentée au Parlement.
Pourquoi le président de la République ne tient-il pas ses promesses formulées lors de son discours d'investiture concernant le dossier des disparus ? Pourquoi la Chambre tarde-t-elle à voter la loi ? Pourquoi le Conseil des ministres n'inscrit-il pas à son ordre du jour le projet du CICR ? Autant de questions auxquelles des réponses tardent à être données.
« Atermoiement. » C'est ainsi que les familles résument la stratégie adoptée par les responsables vis-à-vis de leur dossier. « Ils cherchent à nous ramener à la case départ », déclare Wadad Halaouani, qui souligne que le dossier des victimes de disparition forcée est « un aspect important » de la guerre que les responsables ne peuvent plus continuer à négliger.

(Lire aussi : « Peut-on nommer au théâtre, dans ce pays, les choses par leur nom comme nous le faisons dans la vie ? »)
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« Des vies volées »

Le jardin Gibran Khalil Gibran a été hier, à l'occasion de la commémoration du 13 avril, la scène d'une exposition de photographies réalisées par Wissam Khoury sur le thème Des vies volées. À travers les douze clichés présentés, pris entre 2010 et 2016, le jeune photographe cherche à mettre l'accent sur « cette cause humanitaire » et à « pousser les responsables à assumer leurs obligations vis-à-vis du dossier ».
« Je n'ai pas une personne disparue dans ma famille, mais c'est une cause qui doit interpeller tout un chacun, d'autant qu'il y a des fosses communes qui n'ont pas encore été ouvertes, confie Wissam Khoury. Ce dossier devrait constituer une priorité pour la société et les responsables. Si le dossier n'est pas résolu, on ne peut pas tourner la page et aller de l'avant. »
C'est en 2009 que le jeune photographe a été sensibilisé à la cause. Cette année-là, il avait commencé à visiter la « tente » des familles. Il était encore étudiant et axait ses projets sur la mémoire de la guerre : les camps, les endroits bombardés et détruits... « J'ai alors pensé à faire un projet en relation avec le dossier des disparus, souligne-t-il. Je voulais faire une chose différente. J'ai pris des cartes par satellite du Liban, j'ai photographié des endroits où pourraient se trouver les disparus... » Et Wissam Khoury de conclure : « Les familles ont le droit d'être fixées sur le sort de leurs proches et d'enterrer dignement leurs morts. »

Source & Link : L'orient le jour

The Daily Star- Red Cross calls for law to clarify fate of disappeared, April 14 , 2017

BEIRUT: On the 42nd anniversary of the beginning of Lebanon’s Civil War, the International Committee of the Red Cross Thursday called on Lebanese authorities to pass a law clarifying the fate of those who have gone missing during armed conflicts in the country since 1975.
In a statement, the ICRC also urged the government to approve a project to collect DNA samples from the missing persons’ families.
“The families of missing persons have been waiting for years, anxious to receive news about their loved ones,” Fabrizzio Carboni, the head of the ICRC delegation to Lebanon, said in a statement.
“Unfortunately, we are running out of time: mothers and fathers are dying heartbroken without knowing what happened to their sons and daughters.”
Thousands of people from all backgrounds and sides of the conflict went missing in Lebanon during the Civil War. Under international humanitarian law, governments are required to clarify the fate of persons who go missing in conflict.

Source & Link : The Daily Star

Al Mustaqbal- ICRC Red Cross calls for law to clarify fate of disappeared, April 14 , 2017

دعت اللجنة الدولية للصليب الأحمر، السلطات اللبنانية إلى «إقرار قانون يُساعد في الكشف عن مصير المفقودين في النزاعات المسلحة منذ عام 1975». وحثت على «الموافقة على مشروع قدمته لجمع العينات البيولوجية من عائلات المفقودين».

وقال رئيس بعثة اللجنة في لبنان فابريزيو كاربوني: «منذ سنوات وعائلات المفقودين تنتظر أجوبة، متلهّفة لتلقي أخبار عن أحبائها. للأهل الحق في معرفة مصير أبنائهم، وتقع مسؤولية تقديم الأجوبة على عاتق السلطات»، مشيراً الى أن «القانون الدولي الإنساني يُلزم السلطات بكشف مصير المفقودين خلال النزاعات المسلحة إلا أن هذا لم يتحقق بعد في لبنان».

ولفت الى أنه «عندما نراجع أولويات الحكومة، نشعر أن معاناة عائلات المفقودين لا تحظى بالاهتمام الكافي، وعلى هذا الوضع أن يتغيّر إذ يجب أن يكون من أولويات الحكومة إقرار قانون خاص بالمفقودين ووضع آلية لتقديم الأجوبة»، مشدداً على أن «حاجة العائلات لمعرفة مصير المفقودين ملحة،ولم تتوانَ اللجنة الدولية منذ بداية الحرب الأهلية عن تقديم العون لها، إلا أننا بحاجة اليوم لأن تتحمّل السلطات اللبنانية مسؤولياتها».

تجدر الإشارة الى أنه «منذ عام 2012، دعمت اللجنة الدولية في لبنان السلطات اللبنانية في الوفاء بمسؤوليتها للكشف عن مصير المفقودين حيث تجري مقابلات مع العائلات لجمع معلومات مهمة ومفصلة عن المفقودين، وتجمع كذلك عينات بيولوجية من أقربائهم كي تُستخدم لاحقاً في تحليل الحمض النووي وفي جهود الكشف عن هوية هؤلاء الذين فقدوا في الحرب. وتقف اللجنة إلى جانب عائلات المفقودين للاستجابة لاحتياجاتهم الخاصة».

Source & Link : Al Mustaqbal

Al Anwar- Les familles des victimes de disparition forcée appellent à signer une pétition, April 14 , 2017

طلقت لجان أهالي المخطوفين والمفقودين في لبنان واهالي المعتقلين في السجون السورية ودعم المعتقلين والمنفيين اللبنانيين سوليد، العريضة الوطنية، في مؤتمر صحافي عقدته قبل ظهر اليوم في حديقة جبران خليل جبران مقابل بيت الامم المتحدة اسكوا في وسط بيروت، في ذكرى اندلاع الحرب اللبنانية في 13 نيسان، تطالب الدولة بسلطتيها التنفيذية والتشريعية باقرار الحل العلمي والمعقول المرتكز على اجراءين اثنين، الاول جمع وحفظ العينات البيولوجية من اهالي المفقودين والمخفيين قسرا تمهيدا لاجراء الفحص الجيني DNA كخطوة تنفيذية للتمكن من التعرف على هويات المفقودين او على الرفات حتى وجدت، والثاني اقرار قانون بانشاء هيئة وطنية مستقلة تتمتع بالصلاحيات اللازمة للبحث عن مصادر المفقودين وكشفها لاهاليهم. 
وستعمم اللجان هذه العريضة على الصفحات الالكترونية ووسائل التواصل الاجتماعي، بهدف جمع اكبر عدد من التواقيع عليها خلال مدة شهر ونصف، حتى الصوت يودي هالمرة. 
وتخلل المؤتمر اقامة معرض صور بمحاذاة خيمة اهالي المفقودين بعنوان Lives Stolen الاعمار المسلوبة للفنان المصور وسام خوري، دعما لقضية المخطوفين والمفقودين والمخفيين قسرا. 
حلواني 
وللمناسبة، كانت كلمة لرئيسة لجنة المخطوفين وداد حلواني، قالت فيها: هنا جنبا الى جنب، كنا انا وغازي نجلس اماكم على هذه الطاولة، لتلاوة فعل المطالبة في حق معرفة مصائر أحبة سيقوا الى المجهول عن غير وجه حق. 
اضافت: تحية شوق ومحبة اليك صديقي ورفيقي غازي، التقينا في مسار درب الجلجلة حاملين صليب المفقودين والمخفيين قسريا. انت رحلت، نحن مستمرون لان اسبوع آلامنا ما زال مستمرا، يسجله عداد السنين: 42 سنة عمر الحرب، 27 عمر السلم، 25 سنة عمر لجنة الاهالي، 27 سنة عمر سوليد، 17 سنة عمر حقنا نعرف، 12 سنة عمر الخيمة، 5 سنوات عمر مشروع اتفاق جمع وحفظ العينات البيولوجية لاهالي المفقودين والمخفيين قسريا، المقدم من بعثة الصليب الاحمر الدولي الى رئاسة مجلس الوزراء، 3 سنوات عمر دخول اقتراح قانون تأسيس هيئة وطنية للكشف عن مصائر الاشخاص المفقودين والمخفيين قسريا الى مجلس النواب. 




وتابعت: ماذا بعد؟ سؤال ولا اسئلة تحتاج الى اجوبة. هو سؤالنا نحن اصحاب الحق هي اجوبة اصحاب قرار اعادة هذا الحق. 
وتوجهت الى رئيس الجمهورية العماد ميشال عون، مشددة على تنفيذ مطلبنا والحل المقترح بشقيه، اقتراح قانون تأسيس هيئة وطنية مستقلة وجمع وحفظ عيناتنا البيولوجية. 
وسألت رئيس مجلس النواب نبيه بري والمجلس: لماذا لم يدرج اقتراح قانون تأسيس هيئة وطنية مستقلة للمفقودين والمخفيين قسريا على جدول اعمال الهيئة العامة للمجلس، لماذا وبعد انقضاء سنوات على تسجيل اقتراح القانون في قلم المجلس، يتكرر طلب ابداء الرأي والتلطي وراء الاصبع؟ لماذا ارسلت الى رئاسة مجلس الوزراء الصيغة الاولى للمشروع، اي مشروع قانون المفقودين والمخفيين قسريا الذي كنا قد تقدمنا به بواسطة النائبين زياد القادري وغسان مخيبر، بدلا من الصيغة المعدلة، اي اقتراح القانون الدامج للمشروع الآنف ذكره ومشروع القانون المقدم من النائب حكمت ديب للغاية ذاتها. 
واشارت الى ان هذا التصرف الرسمي اللامسؤول اسقط، ربما ألغى، ما تم اقراره في لجنة حقوق الانسان النيابية خلال عدة اجتماعات خصصت لدراسته، كنا قد شاركنا فيها انا وغازي، كممثلين عن الاهالي، الى جانب ممثلين عن الوزارات المعنية الداخلية والعدل وممثلين عن هيئات اخرى محلية ودولية معنية بحقوق الانسان. 
وقالت: ترى، هل تم ذلك عن طريق الخطأ ام ان الامر مقصود وحصل عن سابق تصور وتصميم. في كلتا الحالتين الامر خطير، انه يضع على المحك انتظام عمل المجلس وفقدان التواصل بين مكونات بنيته من قبل المؤتمنين على التشريع لصالح البلاد والعباد، اضافة الى ان هذا التصرف، كائنا ما كانت دوافعه هو بمثابة تشارك في الجرم واسهام في اطالة عذابات المفقودين واهاليهم. 
ولفتت الى ان وزير الدولة لحقوق الانسان أيمن شقير أبدى استغرابه، فهو لم يكن على علم بعملية استبدال مشروع بآخر، هو الجديد في التوزير وفي تولي حقيبة وزير دولة مستحدثة. 
كما لفتت الى ان رئيس اللجنة النيابية لحقوق الانسان استغرب بدوره حتى لا اقول استنكر معلنا انه سيتابع الموضوع للتحقق عن سبب هذا الخطأ والعمل على تصحيحه. لم نعلم بالنتيجة بعد، عسى ان لا يندرج الامر ايضا في خانة التلطي. 
وتوجهت الى رئيس مجلس الوزراء سعد الحريري والمجلس: لماذا لم يدرج مشروع الاتفاق لجمع وحفظ عيناتنا البيولوجية على جدول اعمال المجلس. ما تفسير رئيس الحكومة والحكومة مجتمعة تخليهم عن مسؤوليتهم في قضية بغاية الاهمية والدقة هويات المواطنين الجينية؟ 
وأعلنت انه سبق ان تم قبول هبة من بعثة الصليب الاحمر الدولي، عبارة عن تجهيز غرفة لدى المديرية العامة لقوى الامن الداخلي تخصص لحفظ هذه العينات، وقالت: لماذا يتردد وزير الداخلية في اعطاء الضوء الاخضر الى هذه المديرية لتتولى حفظ العينات التي باشرت بجمعها البعثة المذكورة. عسى ان لا يأتي الجواب تحت عنوان الحرص على السلم الاهلي. 
وقالت: سعيا لاحقاق الحق وقيادة الدولة، يهمنا ان نطلق معا العريضة الوطنية كخارطة الطريق، تحمل حل الحد الادنى المقبول لمأساة المفقودين والمخفيين قسريا وعائلاتهم وتتلاقى مع ارادة التحرك الشعبي ضد التمديد للمرة الثالثة للمجلس النيابي، مشيرة الى ان الخطوة الاولى تبدأ بتبني هذه العريضة ثم التوقيع عليها، فالمساهمة بتعميمها على الاصدقاء والمعارف، وعلى الصفحات الالكترونية وكل وسائل التواصل الاجتماعي. 
واعلنت ان الهدف هو جمع اكبر عدد من التواقيع عليها خلال مدة شهر ونصف، ونركز على اهمية التوقيع الالكتروني لانه سيتيح لمشاركة اللبنانيين المتواجدين في الخارج. 
وقالت: الرهان على دعمكم عظيم، حتى الصوت يودي هالمرة، ويتعاظم أمل العبور الى الدولة. 
وفي ما يلي موقع العريضة: secure.avaaz.org 
الرابط للتوقيع على العريضة: www.goo.gl/mrWnmy 
فايسبوك: حقنا نعرف right to Know 

Source & Link : Alanwar



April 12, 2017

L'orient le jour- J’ai été séparé de ma famille à un barrage, dans le quartier du Musée, April 12 , 2017

Des milliers de personnes ont disparu pendant la guerre du Liban. Leur sort reste inconnu. Dans le cadre du projet « Fus'hat amal » *, nous publions le portrait de l'un d'eux.


Mon nom est Khalil. Avant que la guerre n'éclate, je vivais à Dékouané avec ma femme et nos cinq enfants. Je travaillais dans une station de service, à proximité de la maison. J'étais chargé de la comptabilité et de l'administration. J'aimais beaucoup mon travail.
Les tensions dans la région grandissaient. Je savais que nous ne pourrions pas rester très longtemps dans ce pays. Je préparais notre départ pour l'Allemagne, où je voulais installer ma famille.
Mais la situation s'est très vite détériorée. Le 12 août 1976, les combattants ont fui par les montagnes tandis que les civils ont été évacués vers Beyrouth-Ouest. C'était le chaos. Nous étions des milliers de personnes à tenter de monter sur les camions affrétés pour nous évacuer. Mais le nombre de véhicules était largement insuffisant pour transporter tout le monde. Les gens s'entassaient, essayant de garder près d'eux leurs enfants dont ils craignaient de se séparer. Ma femme, Tamam, tenait notre fille Silvana, âgée de 6 mois, dans ses bras. Nos quatre autres enfants, âgés de 3 à 7 ans, se serraient contre moi, tentant de rester debout au milieu de la grande bousculade. Mais les gens continuaient à monter dans les camions. C'est à peine si nous pouvions respirer. Ce jour-là, plusieurs enfants sont morts de suffocation. Au nombre desquels mon fils Wissam, alors âgé de 3 ans, et ma fille Sawsan, âgée de 5 ans.
Notre cauchemar devait prendre fin au niveau du musée, dernier barrage avant d'arriver à Beyrouth-Ouest. Une fois ce barrage atteint, des hommes armés nous ont fait descendre des camions, mettant les hommes d'un côté, les femmes et les enfants d'un autre.
Mon nom est Khalil Menchaoui. Ne laissez pas mon histoire s'interrompre ici.

* « Fus'hat amal » est une plateforme numérique qui rassemble les histoires des personnes disparues au Liban. Le projet est financé par le Comité international de la Croix-Rouge, l'Union européenne, le National Endowment for Democracy et la Fondation Robert Bosch.
Des histoires d'autres personnes ayant disparu durant la guerre sont disponibles sur le site Web de Fus'hat amal à l'adresse: www.fushatamal.org
Si vous êtes un proche d'une personne disparue, vous pouvez partager son histoire sur le site du projet ou contacter Act for the Disappeared aux 01/443104, 76/933306.

Source & Link : L'orient le jour

April 5, 2017

L'orient le jour- « Nous avons disparu quelques jours avant mes noces », April 05 , 2017

Des milliers de personnes ont disparu pendant la guerre du Liban. Leur sort reste inconnu. Dans le cadre du projet « Fus'hat Amal »*, nous publions l'histoire de l'une d'elles.


Ce jour-là, nous avions quitté Azounieh, dans le caza de Aley, en fin de matinée pour nous rendre à Beyrouth.
J'étais accompagné de Farid et Aymane, mes deux amis d'enfance avec lesquels j'avais partagé les moments les plus heureux de ma vie. Dans la voiture, nous discutions de nos projets pour l'avenir. Nous imaginions avec beaucoup d'humour ce que nous serions dans vingt ans. Je ne savais pas de quoi l'avenir serait fait, mais cela n'avait aucune importance. Ce jour-là, il n'y avait que le présent qui comptait pour moi et la femme que j'allais épouser dans quelques jours. J'étais d'ailleurs en route pour inviter mon oncle et mon cousin aux festivités.
Farid avait pris sa voiture pour récupérer sa mère et ses sœurs qui devaient venir passer le week-end prochain au village. Aymane, lui, ne voulait surtout pas rater une occasion de passer du temps avec nous. Il avait donc décidé de nous accompagner. Nous étions à mille lieues de penser que notre joyeuse escapade se terminerait si tragiquement. Nous ne sommes pas allés au-delà du barrage de Bhamdoun.
Ghaleb, le frère de Farid qui était alors chef de la station de police de Bourj Hammoud, a fait de son mieux pour nous retrouver. Il a découvert la voiture de son frère, abandonnée à Beyrouth, près d'un centre du commandement de l'une des milices qui combattaient durant la guerre. Malgré tous les efforts qu'il a déployés, nos familles n'ont jamais su ce qu'il nous est arrivé.
Nous avons disparu tous les trois un matin de juin 1982, quelques jours seulement avant mes noces.
Je suis Chahine Imad, mes amis Farid Koukach et Aymane Slim. Ne laissez pas notre histoire s'interrompre ici.

* « Fus'hat amal » est une plateforme numérique qui rassemble les histoires des personnes disparues au Liban. Le projet est financé par le Comité international de la Croix-Rouge, l'Union européenne, le National Endowment for Democracy et la Fondation Robert Bosch.
Des histoires d'autres personnes ayant disparu durant la guerre sont disponibles sur le site Web de Fus'hat amal à l'adresse: www.fushatamal.org
Si vous êtes un proche d'une personne disparue, vous pouvez partager son histoire sur le site du projet ou contacter Act for the Disappeared aux 01/443104, 76/933306.

Source & Link : L'orient le jour

March 29, 2017

L'orient le jour- J’ai disparu alors que je tentais de faire libérer mon cousin, March 29 , 2017

Pour que la cause des personnes disparues au Liban ne tombe pas dans l'oubli, l'ONG Act for the Disappeared a lancé le projet « Fus'hat amal » *. Dans ce cadre, nous publions une série de témoignages fictifs qu'auraient apportés des Libanais arrachés à leur milieu familial et social.

Mon nom est Mohammad.
Ce que j'aimais le plus, c'était travailler la terre. Enfant, l'école était devenue pour moi un supplice. Je ne supportais pas de rester assis derrière un bureau toute la journée. J'avais les jambes qui me démangeaient. Je n'avais qu'une envie : rejoindre mon père pour l'aider avec la récolte des concombres. Je venais de fêter mes 12 ans quand, finalement, il a accepté que je quitte les bancs de l'école pour travailler avec lui.
Lorsque j'ai grandi, j'ai été tenté d'intégrer les rangs de l'armée. Au bout d'un an toutefois, je suis rentré chez moi, convaincu que je n'étais pas fait pour porter les armes. Et pourtant, j'étais très patriote. Toutefois, mon caractère impulsif et mon goût de la liberté ne correspondaient pas au profil d'un bon soldat. Je préférais jouer au justicier avec mes jeunes frères et sœurs et leur venir en aide dès qu'ils avaient besoin de ma protection.
Lorsqu'un jour de 1985, ma mère, effondrée, m'a appris que mon jeune cousin Mahmoud venait d'être arrêté à Tripoli, je me suis précipité à sa recherche. Mahmoud n'avait que 13 ans. Malgré tous les efforts que j'ai déployés, je n'ai rien pu faire pour lui. Ni lui ni moi ne sommes rentrés à la maison.
Mon nom est Mohammad Awwik, mon cousin est Mahmoud Awwik. Ne laissez pas notre histoire s'interrompre ici.

* « Fus'hat amal » est une plateforme numérique qui rassemble les histoires des personnes disparues au Liban. Le projet est financé par le Comité international de la Croix-Rouge, l'Union européenne, le National Endowment for Democracy et la Fondation Robert Bosch.
Des histoires d'autres personnes ayant disparu durant la guerre sont disponibles sur le site Web de Fus'hat amal à l'adresse: www.fushatamal.org
Si vous êtes un proche d'une personne disparue, vous pouvez partager son histoire sur le site du projet ou contacter Act for the Disappeared aux 01/443104, 76/933306.

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March 22, 2017

L'orient le jour- Pour mes filles, la fête des Mères reste une date insupportable, March 22 , 2017

Pour que la cause des personnes disparues au Liban ne tombe pas dans l'oubli, l'ONG Act for the Disappeared a lancé le projet « Fus'hat amal » *. Dans ce cadre, nous publions une série de témoignages fictifs qu'auraient apportés des Libanais arrachés à leur milieu familial et social.

Mon nom est Raya. J'étais une jeune maman de 30 ans. À la suite du décès de mon mari, je me suis retrouvée à élever seule nos deux filles, Abir et Nisrine. Après une longue période de désespoir, j'ai repris le dessus et trouvé un travail. J'étais chargée d'organiser le départ et l'accueil de jeunes boursiers qui se rendaient à l'étranger pour poursuivre leurs études. Contribuer à assurer un meilleur avenir à ces jeunes constituait pour moi une grande satisfaction. Entre le travail et les enfants, je n'avais pas une seconde pour moi. J'attendais avec impatience que mes filles entrent à l'école pour souffler un peu.
J'étais en route vers Souk el-Gharb, justement pour inscrire Abir et Nisrine à l'école, quand j'ai été enlevée avec quatre autres passagers à un barrage situé au niveau du musée, à Beyrouth. Samia, Mona, Hanane et Younès étaient de jeunes étudiants qui se rendaient en Syrie. Ils devaient prendre un avion à destination de Moscou où ils comptaient poursuivre leurs études. Nous avons tous disparu. Seul le chauffeur a été relâché. D'ailleurs, c'est lui qui a raconté la terrible nouvelle à nos familles respectives.
Abir et Nisrine étaient respectivement âgées de 6 ans et 5 ans. Elles ont dû faire leur rentrée scolaire sans leur maman. Au début, leur chagrin était insupportable. Au fil du temps, il s'est apaisé. Il n'en reste pas moins que le jour de la fête des Mères est toujours pour elles une date particulièrement douloureuse.
Mon nom est Raya Daouari. Ne laissez pas mon histoire s'interrompre ici.

* « Fus'hat amal » est une plateforme numérique qui rassemble les histoires des personnes disparues au Liban. Le projet est financé par le Comité international de la Croix-Rouge, l'Union européenne, le National Endowment for Democracy et la Fondation Robert Bosch.
Des histoires d'autres personnes ayant disparu durant la guerre sont disponibles sur le site Web de Fus'hat amal à l'adresse: www.fushatamal.org
Si vous êtes un proche d'une personne disparue, vous pouvez partager son histoire sur le site du projet ou contacter Act for the Disappeared aux 01/443104, 76/933306.

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March 15, 2017

L'orient le jour- Nous aurions disparu lors du massacre de Sabra et Chatila, March 15 , 2017

Pour que la cause des personnes disparues au Liban ne tombe pas dans l'oubli, l'ONG Act for the Disappeared a lancé le projet « Fus'hat amal » *. Dans ce cadre, nous publions une série de témoignages fictifs qu'auraient apportés des Libanais arrachés à leur milieu familial et social.

Il s'appelait Ahmad. Il était grand et avait un physique d'athlète. C'était un homme très gentil, contrairement à ce que pouvait laisser croire son air sérieux dont il se départait rarement. Son goût pour l'aventure et les nouveaux défis l'avait poussé à chercher du travail en Allemagne.
Nous étions très différents l'un de l'autre. J'avais une santé fragile qui m'empêchait de travailler. J'occupais mon temps à prendre soin de mes oiseaux pour lesquels j'avais développé une vraie passion. Quand mon état de santé me le permettait, je partais pêcher en mer. Ma sœur Imane m'accompagnait au marché pour vendre les poissons que j'avais attrapés.
L'été 1982, Ahmad est rentré au Liban. Ma mère se plaignait de ne pas voir suffisamment son fils et l'avait convaincu, sans trop de mal, de venir passer quelque temps avec nous.
J'étais heureux de le revoir. Nous passions de bons moments ensemble. Un jour, nous sommes sortis acheter du pain. Notre mère ne nous reverra plus jamais.
Trois jours après notre disparition, elle apprendra qu'un massacre a été perpétré à quelques centaines de mètres de notre maison à Tarik Jdidé. Il s'agit du tristement célèbre massacre de Sabra et Chatila.
Mon nom est Hussein Afech. Mon frère est Ahmad Afech. Ne laissez pas notre histoire s'interrompre ici.
* « Fus'hat amal » est une plateforme numérique qui rassemble les histoires des personnes disparues au Liban. Le projet est financé par le Comité international de la Croix-Rouge, l'Union européenne, le National Endowment for Democracy et la Fondation Robert Bosch.
Des histoires d'autres personnes ayant disparu durant la guerre sont disponibles sur le site Web de Fus'hat amal à l'adresse: www.fushatamal.org
Si vous êtes un proche d'une personne disparue, vous pouvez partager son histoire sur le site du projet ou contacter Act for the Disappeared aux 01/443104, 76/933306.

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March 8, 2017

L'orient le jour- « J’ai disparu en essayant de fuir le camp de Tall ez-Zaatar », March 08 , 2017

Pour que la cause des personnes disparues au Liban ne tombe pas dans l'oubli, l'ONG Act for the Disappeared a lancé le projet « Fus'hat amal » *. Dans ce cadre, nous publions une série de témoignages fictifs qu'auraient apportés des Libanais arrachés à leur milieu familial et social.

Mon nom est Salwa.
J'étais une jeune fille gaie, toujours prête à rendre service. Après l'école et après en avoir fini avec mes devoirs d'aînée d'une fratrie de neuf enfants, je rejoignais les volontaires du Croissant-Rouge palestinien pour les aider.
À l'âge de 16 ans, ma vie et mes rêves étaient semblables à ceux des autres jeunes filles de l'époque.
Mais au printemps de l'année 1976, alors que nous nous apprêtions à entamer la saison tant attendue des grandes vacances, mon quartier est devenu le théâtre de farouches combats.
Le siège de Tall ez-Zaatar avait commencé, prenant en otage ma famille ainsi que des milliers d'autres civils. Les batailles dureront cinquante-quatre jours, faisant des centaines de victimes. Le CICR réussira à évacuer les blessés.
Le 12 août 1976, date à laquelle le camp est tombé, les milliers de civils qui y étaient restés ont tenté de fuir. Mais, tout comme moi, nombre d'entre eux n'ont jamais atteint leur destination.
Je suis l'une de ces nombreuses femmes qui ont disparu pendant la guerre et dont on ignore toujours le sort.
Zakiyé, Samira, Marie-Christine, Kariman, Henriette... autant de femmes disparues à Tall ez-Zaatar, Saïda, Beyrouth-Ouest, Damour, Aley, Tripoli et d'autres régions du pays.
Quelles que soient les raisons de notre disparition et quels qu'en soient les auteurs, ne laissez pas notre histoire tomber dans l'oubli, ne laissez pas notre histoire s'interrompre ici.

* « Fus'hat amal » est une plateforme numérique qui rassemble les histoires des personnes disparues au Liban. Le projet est financé par le Comité international de la Croix-Rouge, l'Union européenne, le National Endowment for Democracy et la Fondation Robert Bosch.
Des histoires d'autres personnes ayant disparu durant la guerre sont disponibles sur le site Web de Fus'hat amal à l'adresse: www.fushatamal.org
Si vous êtes un proche d'une personne disparue, vous pouvez partager son histoire sur le site du projet ou contacter Act for the Disappeared aux 01/443104, 76/933306.

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March 1, 2017

L'orient le jour- Mes rêves ont été interrompus en 1979, March 01 , 2017

Pour que la cause des personnes disparues au Liban ne tombe pas dans l'oubli, l'ONG Act for the Disappeared a lancé le projet « Fus'hat amal » *. Dans ce cadre, nous publions une série de témoignages fictifs qu'auraient apportés des Libanais arrachés à leur milieu familial et social.

Mon nom est Nicolas.
J'étais le directeur du bureau de poste du village de Fih, dans le caza de Koura. J'exerçais cette responsabilité avec beaucoup de discipline et avec le souci d'entretenir de bonnes relations avec mes employés et les habitants du village. D'ailleurs, ma maison était toujours pleine de visiteurs qui appréciaient mon hospitalité et ma générosité.
J'avais 57 ans. Il ne me restait plus que quelques années de travail avant de prendre ma retraite. Je m'imaginais déjà passer mes journées à prendre soin de mes oliviers et à disputer des parties de cartes avec mes amis.
Mes rêves ont été brusquement interrompus le 11 janvier 1979.
En ce jour d'hiver, il pleuvait des cordes. Une voiture s'est garée devant la maison. Deux hommes en sont sortis. Ils ont frappé à la porte et demandé à me remettre un courrier qu'ils souhaitaient envoyer à un proche. Asma, ma femme, les a fait entrer dans la maison et leur a proposé un café.
Une fois installés dans le salon, les deux hommes ont mentionné une troisième personne restée dans la voiture. Je suis alors sorti pour l'inviter à nous rejoindre. Mais, lorsque je suis arrivé à hauteur de la voiture, les deux hommes qui m'avaient suivi m'ont forcé à y entrer et ont démarré.
Mon nom est Nicolas Haidar. Ne laissez pas mon histoire s'interrompre ici.

* « Fus'hat amal » est une plateforme numérique qui rassemble les histoires des personnes disparues au Liban. Le projet est financé par le Comité international de la Croix-Rouge, l'Union européenne, le National Endowment for Democracy et la Fondation Robert Bosch.
Des histoires d'autres personnes ayant disparu durant la guerre sont disponibles sur le site Web de Fus'hat amal à l'adresse: www.fushatamal.org
Si vous êtes un proche d'une personne disparue, vous pouvez partager son histoire sur le site du projet ou contacter Act for the Disappeared aux 01/443104, 76/933306.

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February 1, 2017

L'orient le jour- « Notre vie a basculé le 13 juin 1987, quelque part en Syrie », February 01 , 2017

Pour que la cause des personnes disparues au Liban ne tombe pas dans l'oubli, l'ONG Act for the Disappeared a lancé le projet « Fus'hat amal »*. Dans ce cadre, nous publions une série de témoignages fictifs qu'auraient apportés des Libanais arrachés à leur milieu familial et social.

Tout était prêt. Nos passeports et les billets d'avion étaient soigneusement rangés. Dans deux jours, nous serions enfin tous les cinq en Allemagne, sur le point d'entamer une nouvelle étape de notre vie. Les enfants étaient surexcités...
Avant de quitter le Liban, je devais encore me rendre en Syrie pour récupérer des pièces de camion pour la compagnie pour laquelle je travaillais. J'avais prévu de me rendre au port de Lattaquié le samedi, pour vingt-quatre heures.
Je devais rentrer dimanche, mais lundi matin, à l'heure où nous devions prendre la route pour l'aéroport, je n'étais toujours pas rentré.
Mes proches étaient inquiets. Si j'allais manquer notre départ pour l'Allemagne, c'est qu'évidemment quelque chose de grave m'était arrivé. Ils n'ont pas tardé à savoir qu'effectivement, j'étais rentré en Syrie. Les registres tenus à la frontière libano-syrienne le montraient. Mais à partir de là, il n'y avait plus aucune trace de moi.
Notre vie a ainsi basculé le 13 juin 1987, quelque part en Syrie.
Après ma disparition, ma femme Dalal a complètement perdu pied. Submergée par le chagrin, elle n'a plus eu la force de continuer. Elle se sentait incapable d'élever seule nos trois enfants. Sept mois après ce funeste jour, elle est partie, laissant nos enfants, Abir (9 ans), Manal (8 ans) et Bahaa (5 ans) avec leurs grands-parents.
Au fil du temps, mes enfants se sont habitués à mon absence. Ils ont fini par faire leur vie. Jusqu'à aujourd'hui toutefois, ma fille aînée, Abir, vit avec un profond sentiment de culpabilité. Elle se reproche de mener sa vie confortablement, de rire et de faire la fête, alors que son père est peut-être toujours en vie, enfermé dans une cellule. Les larmes aux yeux, elle s'imagine me retrouver et me dire : « Je suis désolée de t'avoir laissé tomber. »
Mon nom est Khalil Abou Zéki. Ne laissez pas mon histoire s'interrompre ici.
* « Fus'hat amal » est une plateforme numérique qui rassemble les histoires des personnes disparues au Liban. Le projet est financé par le Comité international de la Croix-Rouge, l'Union européenne, le National Endowment for Democracy et la Fondation Robert Bosch.
Des histoires d'autres personnes ayant disparu durant la guerre sont disponibles sur le site Web de Fus'hat amal à l'adresse:www.fushatamal.org
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January 25, 2017

L'orient le jour- « Des hommes armés m’ont embarqué de force devant mes enfants », January 25 , 2017

Pour que la cause des personnes disparues au Liban ne tombe pas dans l'oubli, l'ONG Act for the Disappeared a lancé le projet « Fus'hat amal » *. Dans ce cadre, nous publions une série de témoignages fictifs qu'auraient apportés des Libanais arrachés à leur milieu familial et social.
OLJ

Mon nom est Stéphane.
Avant que la guerre n'éclate, je travaillais dans une usine de carrelage dans la région de Batroun. J'étais père de onze enfants, sept garçons et quatre filles, âgés de 18 mois à 21 ans. J'étais très fier de mes garçons, mais tout le monde savait que je gâtais surtout mes filles. Elles étaient mes princesses. Elles pouvaient tout me demander, j'étais toujours prêt à leur faire plaisir.
Nous vivions tous à Bejdarfel, dans la région de Batroun. C'était un endroit calme et très agréable... jusqu'en 1975. Au début de cette année, des hommes armés se sont introduits dans le village, y installant un campement. Suite à leur arrivée, de nombreux habitants, surtout les jeunes, ont décidé de quitter le village.
Pour protéger mes enfants contre d'éventuels heurts, j'ai aussi demandé à ma femme, Bahiya, de les mettre à l'abri à Jbeil. Je suis resté au village pour travailler. Après quelque temps, la situation dans la région étant restée stable, ma famille est rentrée.
En août 1975, quatre mois après le début de la guerre, les hommes armés qui avaient pris position dans le village sont venus frapper à la porte de notre maison. Ils m'ont embarqué de force sous le regard de mes enfants.
Je n'ai plus jamais franchi le pas de notre maison. Quinze ans durant, mes enfants et ma femme ont dû faire face, seuls, aux difficultés de la guerre. Je n'étais pas là pour leur assurer une vie décente, ni pour rassurer les enfants quand ils étaient effrayés par les bruits des bombardements ou pour soutenir ma femme dans les moments d'incertitude.
Bahiya ne connaîtra jamais mon sort. Elle est décédée il y a quelques années. Mes enfants, eux, continuent à espérer qu'une personne viendra un jour leur raconter ce qui s'est passé en ce jour d'août 1975.
Mon nom est Stéphane Iskandar. Ne laissez pas mon histoire s'interrompre ici.

* « Fus'hat amal » est une plateforme numérique qui rassemble les histoires des personnes disparues au Liban. Le projet est financé par le Comité international de la Croix-Rouge, l'Union européenne, le National Endowment for Democracy et la Fondation Robert Bosch.
Des histoires d'autres personnes ayant disparu durant la guerre sont disponibles sur le site Web de Fus'hat amal à l'adresse:www.fushatamal.org
Si vous êtes un proche d'une personne disparue, vous pouvez partager son histoire sur le site du projet ou contacter Act for the Disappeared aux 01/443104, 76/933306.

Source & Link : L'orient le jour

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