The Lebanese Center for Human Rights (CLDH) is a local non-profit, non-partisan Lebanese human rights organization in Beirut that was established by the Franco-Lebanese Movement SOLIDA (Support for Lebanese Detained Arbitrarily) in 2006. SOLIDA has been active since 1996 in the struggle against arbitrary detention, enforced disappearance and the impunity of those perpetrating gross human violations.

Search This Blog

October 30, 2010

L'Orient le Jour - Nuclearization - October 30, 2010

Je me souviens de la crainte de Rafic Hariri de voir

le Liban jeté dans les oubliettes de la pensée unique...
Saad Hariri


Quarante-deuxième semaine de 2010.

Le pire, ce sont les brillants cadors aounistes. Ceux-là, aucun état d'âme ne les secoue plus lorsqu'ils plongent tête la première dans le plus aveugle des suivismes et les plus crétines des surenchères. Tout y est, d'un Fady Abboud, ministre du... Tourisme, qui espère que ne soit pas imposé à la résistance un nouveau 7 Mai (c'est le comble des combles), à un Nagi Gharios qui s'étonne, tout député soit-il, du viol de l'immunité du gynécée de la banlieue sud (on aura tout entendu), en passant, naturellement, par un Nabil Nicolas toujours aussi churchillien et qui croit bon de juger qu'il est du droit de Hassan Nasrallah de demander aux Libanais de ne pas coopérer avec la justice internationale, son tribunal et ses enquêteurs... Et puis Michel Aoun. Le chef du CPL ne fait plus de politique. Il a décidé désormais de se consacrer exclusivement à une seule activité : déréaliser. Chimiquement.


Le pire est là. Parce que, finalement, le processus hier fascisant et aujourd'hui fasciste qu'a initié le Hezbollah cinq ans après l'explosion du 14 février et qu'il a fait passer depuis l'incident d'Ouzaï à une vitesse supérieurement criminelle n'a rien d'étonnant. Cela est même de bonne guerre : le parti de Dieu est persuadé à tort ou à raison qu'il figurera en bonne place dans l'acte d'accusation à venir du TSL. Les Libanais auraient pu comprendre cette paranoïa, la partager, envelopper le Hezb dans le placenta-bunker inexpugnable d'une unité nationale enfin retrouvée, attendre avec lui le texte biblicocoranique de Daniel Bellemare et, au cas où un ou plusieurs membres du parti s'avéraient coupables, aider le Hezb à s'autopurger.
Ils auraient pu. Ils ne le pourront jamais ni ne le voudront, tellement la détermination de la formation de Hassan Nasrallah à en finir avec la formule libanaise actuelle et à dynamiter le peu qui reste de l'État libanais est goulue. Tellement elle semble irréversible. 
Encore une fois, ce n'est pas tant la communauté internationale qui espère utiliser le TSL et son acte d'accusation pour essayer de décrédibiliser le Hezbollah et le jeter au pied du mur que ce même Hezbollah qui a compris qu'il pouvait avant tout le monde profiter de l'attentat du Saint-Georges et ses conséquences pour chambouler radicalement la donne non seulement libanaise, mais aussi régionale.
Douter jusqu'à la lie de l'acte d'accusation est une chose. Clamer sa totale innocence en se montrant totalement effrayé par le moindre indice est une chose. Se cacher derrière les femmes et les hommes travestis en femmes, comme en 2006 les canons à missiles derrière les écoles et les mosquées et les maisons, est une chose. Mentir comme un arracheur de dents en prétendant que le bureau beyrouthin du TSL n'a pas prévenu de la visite des enquêtrices à la clinique est une chose. Jouer aux gardiens de la vertu, de toutes les vertus offensées, et s'insurger aussi droit qu'une autruche qui a avalé un balai par erreur contre l'immoralité d'une justice décidée à ne pas se laisser intimider est une chose. Imposer une ségrégation très chemises brunes (ou tchadors bruns) entre les Libanais, une espèce d'apartheid relooké qui veut ligoter à tous les bûchers l'ensemble de ceux qui exigent vérité et justice est une chose. Terrifier Walid Joumblatt au point de lui faire perdre toute échelle de valeurs et l'obliger à passer pour le dernier des imbéciles est une chose. Menacer de pires discordes, de mille autres 7 Mai, d'une fitna infinie est une chose.
Vouloir pousser la sinistre logique du clonage non plus sur l'autocratie syrienne, mais sur la wilayet el-faqih iranienne jusqu'à son climax, c'est-à-dire commencer à tout faire pour transformer le Liban en paria de la communauté internationale, en est une tout autre. Ce n'est plus un simple appel à la désobéissance civile, une invasion du centre-ville, un camping sauvage devant le Sérail dont il s'agit là, mais d'un suicide pur et simple. Après avoir demandé aux villageois du Sud de lapider la 1701 en s'en prenant aux soldats de la Finul, Hassan Nasrallah exige cette fois de tous les Libanais, dans un réflexe référendaire cannibale et absolument perdu d'avance, d'assassiner la 1757 en boycottant le TSL et en refusant de collaborer avec les enquêteurs onusiens. Dans un seul but : faire du Liban le second Iran, mais en pire (il n'y aura pas, là, d'Agence internationale de l'énergie atomique qui viendra contrôler quoi que ce soit) et, idéalement, obliger les Nations unies à voter une résolution 1929-bis, petite sœur de celle qui avait, le 9 juin dernier, enjoint aux pays de la planète d'imposer des sanctions contre Téhéran. À ce moment-là, le Hezbollah aura gagné - et les lieutenants du CPL n'auront plus que leurs yeux pour pleurer. 
Et ce constat en date du 17 septembre 1948 de Georges Naccache, ces mots qu'il a chuchotés à l'oreille de son Liban : Tu es ce pays où jamais depuis 25 ans les deux horloges officielles n'ont encore réussi à marquer la même heure. 
Plus que jamais aujourd'hui. 

L'Orient le Jour - Joumblatt denounces the "immoral behavior" of the international investigators - October 30, 2010

Le chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, a déclaré hier qu'il « comprenait » la réaction du leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah, à la suite de l'agression perpétrée mercredi dernier par un groupe de femmes proches du Hezbollah contre deux enquêteurs du Tribunal spécial pour le Liban alors qu'ils étaient en mission à Ouzaï, dans la banlieue sud. 
M. Joumblatt a dénoncé sur ce plan ce qu'il a qualifié de « comportement immoral des enquêteurs internationaux et leur atteinte à la dignité ». « Je comprends les objections d'ordres politique, sécuritaire et moral exprimées par Hassan Nasrallah au sujet de l'incursion des enquêteurs internationaux dans un cabinet médical dans la banlieue sud, a déclaré M. Joumblatt. La question qui se pose est de savoir si ce comportement des commissions d'enquête sert la justice et la stabilité, ou le contraire. La question est de savoir si un tel comportement n'intervient pas à un moment où l'on assiste à des tentatives de saboter le rapprochement syro-saoudien qui constitue une protection arabe. » 

Après avoir affirmé que la résolution 1559 du Conseil de sécurité constitue « une sorte de mandat politique et sécuritaire imposé au Liban », le leader du PSP a déclaré que « s'il est vrai que tous les documents (personnels) des Libanais ont été livrés aux renseignements occidentaux, et donc à Israël, et il semble que cela soit vrai, une telle mesure aurait alors parachevé le contrôle politique et sécuritaire absolu exercé par Israël et l'Occident sur les générations libanaises montantes ». 
M. Joumblatt a, par ailleurs, dénoncé la dernière déclaration de la représentante permanente des États-Unis à l'ONU, Susan Rice, déplorant le fait qu'elle ait « occulté totalement les agissements israéliens et les violations répétées (par Israël) de la souveraineté nationale ». « Elle a oublié (l'ambassadrice US) que la politique visant à isoler la Syrie, pratiquée par l'administration précédente, a montré que ce n'est pas de cette manière que l'on assure la stabilité au Moyen-Orient, a relevé le leader du PSP. Il serait par conséquent préférable de dialoguer avec la Syrie plutôt que de la boycotter. »

L'Orient le Jour - The majority ransacks the call and arguments of Nasrallah - October 30, 2010



Le bloc Hariri réitère son engagement envers le TSL ; le 14 Mars prend acte de la nouvelle phase ouverte avec l'appel au boycottage du tribunal.
Au lendemain de l'appel du Hezbollah à boycotter le Tribunal spécial pour le Liban (TSL), le bloc du Futur s'est réuni et a réitéré hier son engagement à collaborer avec l'instance judiciaire internationale.
« Le bloc insiste sur son engagement envers le tribunal, qui a fait consensus auprès des Libanais. Cet engagement est une forme de protection du pluralisme politique », a indiqué le député Ahmad Fatfat, qui a lu un communiqué succinct publié à l'issue de la réunion.


« Le bloc invite toutes les parties politiques à respecter (les décisions) du dialogue national sur l'enquête entreprise par le bureau du procureur du tribunal international », a-t-il ajouté.
Pour l'ensemble de la classe politique, en effet, il était clair hier que le boycottage du TSL équivaudrait à un désaveu de la déclaration ministérielle.
« Il n'en est pas question », avait affirmé à ce sujet M. Fatfat, dans une déclaration en milieu de journée. Le député avait ajouté : « Si le gouvernement libanais répond à l'appel de Nasrallah, le Liban va devenir un pays en confrontation avec la communauté internationale et, finalement, un pays qui rejette les résolutions internationales. »
Des prises de position analogues ont été prises par diverses personnalités, et notamment par M. Samir Frangié qui, avec Farès Souhaid, a été reçu en audience par le patriarche maronite, à qui il a fait part de sa vive inquiétude.



 « Guerre ouverte » 
Pour le secrétaire général du Renouveau démocratique, Antoine Haddad, il était clair que « le Hezbollah est passé d'une phase de mise en question du TSL à la guerre ouverte ». Et de souligner que « cette décision va lui coûter cher et coûter cher aussi au Liban ».
Sur le plan externe, a expliqué M. Haddad, « le Liban, ce faisant, défie la légalité internationale. Sur le plan interne, les divisions vont s'approfondir et le niveau de confiance baisser encore entre le Hezbollah et une large partie des Libanais qui croient en l'action du TSL ».
M. Haddad rejoint l'ancien député Moustapha Allouche sur le fait que le secrétaire général du Hezbollah a bâti ses arguments sur des hypothèses invérifiables. 
Ainsi de l'affirmation que toutes les informations et données collectées par le TSL « finissent en Israël », M. Allouche s'est étonné des assertions gratuites avancées par Hassan Nasrallah à ce sujet. Il a également contesté la prétention affichée par le secrétaire général du Hezbollah de savoir déjà la teneur de l'acte d'accusation. « De notre côté, nous ne possédons aucune donnée à ce sujet », a-t-il dit.



Souhaid
Pour l'ancien député Farès Souhaid, l'appel du chef du Hezbollah émane d'une « position dominante, celle d'un homme qui possède des armes ». Ces « menaces, a-t-il affirmé, se répercuteront négativement sur le Hezbollah. »
L'ancien député a prévu que l'appel du Hezbollah meublera, prochainement, l'actualité parlementaire, et que ce parti cherchera, après avoir échoué à l'obtenir du gouvernement, à faire voter une motion appelant au boycottage du tribunal international.
En dépit de tout, Souhaid voit toujours une possibilité de compromis sur la question.
Sur un autre plan, l'ancien député a demandé à l'ordre des médecins de prendre position à l'égard d'une déclaration du ministre de la Santé, Mohammad Khalifé, qui a affirmé que « la visite effectuée par une équipe de la commission d'enquête à une clinique médicale est contraire à l'éthique médicale ».
Le PNL, pour sa part, a affirmé dans un communiqué que, en agissant comme il le fait, le Hezbollah « attire sur lui le soupçon ».
Le député Samy Gemayel a dénoncé un « nouvel épisode de la terreur et de l'intimidation auxquelles le Hezbollah a recours pour soumettre les Libanais ».
C'est également dans le sens de « l'attachement à la justice et du refus du fait accompli » que s'est prononcé le ministre Michel Pharaon.

L'Orient le Jour - Cassese and Bellemare deplore the « obstructions » to Justice justice and assure that the STL will go on till the end - October 30, 2010

Le procureur général du Tribunal spécial pour le Liban, Daniel Bellemare, a catégoriquement démenti tout ce qui se dit à propos du fait que les enquêteurs « auraient consulté » les dossiers des patientes de la clinique d'Ouzaï, bafouant ainsi la morale et l'éthique sociale et religieuse.
Il en veut pour preuve les propos de la responsable de la clinique de gynécologie, le Dr Imane Charara, qui assure que les enquêteurs « ne m'ont demandé aucune information médicale » et que par ailleurs, ayant été informée de la visite, elle avait pris soin la veille « d'annuler tous les rendez-vous » de la matinée afin de n'indisposer personne. Elle avait également obtenu « une autorisation préalable » de l'ordre des médecins de Beyrouth pour la visite des enquêteurs.

De plus, les autorités libanaises avaient été mises au courant de la visite et « elles avaient donné leur aval », envoyant des éléments de l'armée et de la police judiciaire pour accompagner les enquêteurs.
Malgré toutes les dispositions légales qui ont été prises et le professionnalisme de l'action des enquêteurs, ils ont été agressés, et on les a délestés de possessions qui relèvent directement du TSL.
M. Bellemare a encore une fois rappelé que le TSL est « une instance judiciaire », qui applique les normes et les critères internationaux et légaux. Il considère que « tout appel au boycott » du TSL est synonyme « d'entrave à la justice », ajoutant que la violence exercée n'empêchera pas le tribunal de poursuivre sa mission en coopération avec le gouvernement libanais.
Il conclut en assurant que la vérité sur l'assassinat de Rafic Hariri et les 22 autres martyrs sert les intérêts du Liban et de « tous les Libanais ».

Cassese
Presque au même moment, le président du TSL, Antonio Cassese, faisait écho à son procureur, exprimant « la vive inquiétude » du tribunal au sujet de l'incident qui s'est produit à Beyrouth dans des lettres adressées au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, et au Premier ministre libanais, Saad Hariri.
« Des fonctionnaires du TSL ont été blessés et des objets du TSL ont été dérobés », a-t-il déploré, qualifiant lui aussi de « fausses » les déclarations selon lesquelles les enquêteurs du tribunal auraient violé « des préceptes éthiques, religieux et humanitaires ».
« Nous avons fermement l'intention de ne pas nous incliner devant les actes d'ingérence et d'intimidation tendant à entraver l'exercice de notre mandat de manière juste et indépendante », a soutenu M. Cassese dans ses lettres.

Archives