
Les traces de la défiguration du site sont déjà visibles à proximité de la pinède.
Catastrophe écologique La réserve naturelle de Bentaël, une remarquable pinède dans le caza de Jbeil, risque aujourd'hui d'être défigurée par une route mal tracée qui passe dans son voisinage immédiat, contrairement aux principes de la loi qui régit les réserves.
Les risques que représente la construction de cette route constituent le message essentiel qu'a voulu faire passer hier le président du comité de la réserve de Bentaël, Raymond Khoury, au cours d'une conférence de presse qu'il a tenue en présence de Racha Kange, représentant le ministre de l'Environnement Mohammad Rahhal, Aref Hélou représentant le ministre de l'Agriculture Hussein Hajj-Hassan, Zeina Haddad représentant le ministère du Tourisme, ainsi que le vice-président du conseil municipal de Jbeil Ayoub Barak, et des ONG civiles et environnementales.
Après avoir rappelé que la création de la réserve de Bentaël est survenue après des sacrifices consentis par des générations entières pour protéger ce site hors du commun, M. Khoury a dénoncé « l'insistance de certains responsables à construire une route qui expose la réserve au danger, et qui tombe dans un périmètre de 500 mètres autour de la réserve, en principe protégé par la loi ».
Le président du comité a précisé que des demandes répétées ont été faites au ministre des Travaux publics, Ghazi Aridi, pour étudier une solution alternative qui lui a été présentée, sans succès. « Celui-ci a quand même adjugé les travaux, qui ont débuté le 14 septembre et se poursuivent à un rythme très rapide, a-t-il précisé. Ces travaux sont une menace pour l'existence même de la réserve et nous poussent à décréter un état d'urgence écologique pour sauver le site. Voilà pourquoi nous lançons un cri d'alarme à l'intention des ministères concernés, les Travaux publics, l'Environnement et l'Intérieur, afin d'arrêter ces travaux et d'adopter une alternative qui permettra aux habitants d'arriver à leurs villages sans détruire la nature. »
Cette alternative, le comité l'a prévue. Dans une lettre au ministre de l'Environnement datée du 15 mars, mettant en évidence les risques sur la réserve, le comité propose ce qui suit : fusionner les deux décrets qui régissent la construction de la route, l'un datant de 1997 et l'autre de 1999, de façon à ce que la route en question s'étende du village de Hboub à celui de Fidar, sans passer aussi près de la réserve. M. Khoury a précisé que cette proposition a été envoyée au ministre de Travaux publics par lettre, le 13 mai dernier.
Les risques sur la réserve, M. Khoury les résume comme suit : il y a d'une part la défiguration du site. D'autre part, devenant plus accessible aux automobilistes, la pinède sera plus vulnérable aux incendies, à la chasse illégale, à l'abattage massif d'arbres, sans compter les menaces sur sa biodiversité.
« Nous demandons au président de la République Michel Sleiman d'intervenir auprès des responsables pour faire cesser les travaux sur cette route et construire une route alternative, a imploré M. Khoury. Cette route contribuera à faire subir à cette réserve unique en son genre le sort tragique de tant d'autres forêts au Liban, et ce sera une perte inestimable pour tout Jbeil. » Il a déploré que « le ministère des Travaux publics ait pris la décision de construire cette route malgré l'avis contraire du ministère de l'Environnement, qui est le spécialiste en la matière ».
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