The Lebanese Center for Human Rights (CLDH) is a local non-profit, non-partisan Lebanese human rights organization in Beirut that was established by the Franco-Lebanese Movement SOLIDA (Support for Lebanese Detained Arbitrarily) in 2006. SOLIDA has been active since 1996 in the struggle against arbitrary detention, enforced disappearance and the impunity of those perpetrating gross human violations.

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August 19, 2010

August 19, 2010 - L'Orient le jour - Après la Syrie, le TSL devient la bête noire du Hezbollah

Éclairage
Membre du bureau politique du Hezbollah, Mahmoud Comati confirme que l'action entreprise par sayyed Hassan Nasrallah a pour but d'enclencher une enquête libanaise avec les faux témoins, dans l'assassinat du président Rafic Hariri et de ses compagnons. Car, précise-t-il, cela peut mener à la découverte de la vérité, alors que le TSL déclare n'être pas concerné par cette affaire de faux témoins. Comati affirme que le tribunal « n'est pas probe, mais politisé et il a été mis en place pour servir des intérêts déterminés. C'est pourquoi nous en demandons l'abolition, ainsi que de ses effets. Il faut le remplacer, et annuler la convention conclue (par le Liban et l'ONU) à son propos ».
Tout le 8 Mars suit le Hezbollah sur cette voie. Ce camp veut torpiller le Tribunal spécial pour le Liban. En invitant le gouvernement à retirer les juges libanais qui en font partie, et à cesser de verser sa quote-part de 49 % dans le financement de la cour.
Le Hezbollah voit dans le TSL une épée de Damoclès que les USA suspendent au-dessus de sa tête. Pour l'impliquer dans le crime du siècle, et le faire classer universellement comme organisation terroriste. Alors que pour le Hezb, un attentat comme celui du 14 février 2005 est à l'opposé de l'esprit de la Résistance qui l'anime.
Antérieurement, le Hezbollah avait accepté de coopérer avec la justice internationale. Il avait permis que 13 de ses membres fussent interrogés par la commission d'enquête. Cela ne risque pas de se reproduire : désormais le Hezb proclame qu'il ne reconnaît pas le TSL et qu'il n'entend pas coopérer avec lui. Car il s'agit à ses yeux d'un instrument israélien, politisé, brandi pour lui nuire.
Un détail un peu étonnant : l'un des responsables du parti de Dieu demande, en privé, « pourquoi la Syrie n'est-elle plus accusée, pourquoi n'est-elle plus impliquée, considérée comme responsable, alors qu'auparavant toutes les fuites informationnelles faisaient état de sa culpabilité dans l'assassinat ? Pourquoi se focalise-t-on maintenant sur le Hezbollah ? Que deviennent les histoires d'Abou Adass, des fondamentalistes, des pèlerins voyageant en Australie et autres contes » ?
Mais pourquoi le Hezbollah a-t-il livré les indices dont il dispose aux autorités libanaises ? Parce que, répondent des loyalistes, il ne pouvait pas faire autrement. À leur avis, Nasrallah s'est mis dans l'embarras le 9 août quand, après ses déclarations, Bellemare a prié l'État libanais de lui remettre les pièces diffusées, et tout document relatif à l'assassinat du président Hariri. En ajoutant, à l'adresse directe du sayyed, qu'il espère le voir user de son influence pour faciliter l'enquête. Si le parti ne s'était pas exécuté, il aurait été accusé de rétention de preuves ou d'indices, ce qui est plus qu'un délit.
Les loyalistes rappellent que le Hezbollah, partie intégrante du gouvernement actuel, en avait cosigné la déclaration ministérielle, qui appelle à une coopération totale avec le tribunal international. Pour eux, le Hezb, en remettant ses documents au parquet libanais, sait parfaitement qu'il doit les transmettre à Bellemare. Il coopère donc, quoi qu'il en dise, avec le TSL, et le reconnaît. Ils qualifient de fausses les assertions de certains cadres du Hezb selon lesquelles c'est sur l'insistance de Saad Hariri que les documents ont été envoyés au procureur Saïd Mirza. Les loyalistes répètent à ce propos que le chef du gouvernement s'interdit absolument de se mêler de ce qui touche à la justice, internationale ou locale. Surtout dans l'affaire de l'assassinat de son père.
Un politicien du 14 Mars estime, pour sa part, que si le Hezbollah a répondu favorablement à la demande de livrer ses indices à la justice, c'est d'abord parce que leur présentation n'a pas convaincu le public. Qu'elle n'a pas provoqué un effet choc suffisant pour le blanchir totalement. Et que, par voie de conséquence, s'il faut que par le biais des faux témoins la justice libanaise se ressaisisse du dossier, on ne peut lui refuser des pièces qu'elle demande.
À ce propos, des minoritaires soutiennent que le nucléus même de l'affaire sous étude reste ce volet des faux témoins. Et comme le tribunal international ne veut, ni ne peut, en connaître, c'est à la justice libanaise de s'en saisir. En d'autres termes de juger sur le fond, à leur avis, et du moment que le tribunal international s'en lave les mains, il n'a tout simplement plus de raison d'être.
Et sinon, enchaînent les sources du 8 Mars, le gouvernement pourrait sauter. Le pays se trouverait confronté à une crise ministérielle pratiquement insoluble, et la préservation de la stabilité deviendrait difficile.
Si cette menace devait prendre corps, il est probable qu'il y aurait une intervention étrangère, pour que la paix civile libanaise ne vole pas en éclats, et le pays avec. Pour le moment, il est toujours en plein dans ce chantage qui veut troquer la justice, la découverte de la vérité, contre la paix civile.

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